En Éthiopie, les produits agricoles représentent environ 70 % des exportations de marchandises. Outre le café, les oléagineux et les fleurs coupées, qui contribuent largement à cette performance, Addis-Abeba veut développer la filière datte pour en faire une nouvelle source de recettes d’exportation.
En Éthiopie, le ministère de l’Agriculture prépare la mise en œuvre prochaine d’un plan décennal destiné à développer la production commerciale de dattes à grande échelle. Cette orientation a été présentée à l’occasion du deuxième Festival international du palmier dattier, organisé du 20 au 22 septembre à Semera, dans la région Afar.
Selon les informations rapportées par les médias locaux, cette feuille de route prévoit de faire évoluer l’Éthiopie du statut d’importateur net de dattes vers celui d’un pays capable de produire des excédents destinés aux marchés régionaux et internationaux. Dans le cadre de cette ambition, les autorités ont pour objectif de porter les superficies consacrées à cette culture à 25 000 hectares, contre seulement 6 000 hectares actuellement.
Les interventions seront principalement axées sur le renforcement des capacités institutionnelles, la cartographie foncière, l’organisation des producteurs en coopératives, la multiplication à grande échelle de plants performants issus de laboratoires de culture tissulaire. Il est également prévu le déploiement de systèmes d’irrigation goutte à goutte, économes en eau ainsi que le développement d’infrastructures de transformation et de commercialisation.
Un marché mondial en pleine croissance
Pour Addis-Abeba, cette stratégie intervient alors que la demande mondiale de dattes continue de progresser, offrant un débouché potentiel à une production éthiopienne encore largement sous-exploitée.
Selon le cabinet d’études de marché Fortune Business Insights, la taille du marché mondial de la datte, évaluée à 32,7 milliards $ en 2025, devrait atteindre 34,5 milliards $ en 2026, puis 55,58 milliards $ en 2034, soit une croissance annuelle moyenne de 6,14 %. Le Moyen-Orient et l’Afrique représentaient déjà 85,28 % du marché en 2025.
Cette dynamique devrait se poursuivre, portée par l’intérêt croissant des consommateurs pour les aliments et les snacks perçus comme sains, ainsi que par une meilleure connaissance des qualités nutritionnelles des dattes.
Il existe par ailleurs une grande marge de progression pour le plan de développement de la filière en Éthiopie, d’autant plus que le potentiel de culture est encore largement sous-exploité. Le ministère de l’Agriculture estime en effet entre 500 000 et 700 000 hectares les superficies adaptées à la culture du palmier dattier, alors que seulement environ 1,2 % de ce potentiel est actuellement utilisé. Et même avec l’objectif de 25 000 hectares ciblé, la marge de manœuvre reste encore considérable.
Pour Addis-Abeba, le principal enjeu reste toutefois de transformer ce potentiel agronomique en une production commerciale suffisamment importante. La réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à mobiliser les investissements nécessaires au développement des plantations, mais aussi à structurer les maillons situés en aval de la production, notamment le stockage, le conditionnement, la transformation et l’accès aux marchés internationaux.
À terme, le développement de la filière pourrait également contribuer davantage aux exportations agricoles éthiopiennes. Sur l’exercice budgétaire 2025/2026, celles-ci ont généré 4,55 milliards $ de recettes en devises. Avec 3,1 milliards $ de recettes, la filière café demeure la principale contributrice aux exportations agricoles du pays.




























