Cacao : L’offensive du Ghana pour séduire les investisseurs dans la transformation

Deuxième producteur mondial de cacao après la Côte d’Ivoire, le Ghana veut renforcer sa position dans la transformation locale des fèves dès la campagne 2026/2027. Pour atteindre cet objectif, les autorités cherchent à mobiliser des financements afin de soutenir les industriels.

Le Ghana cherche à attirer des capitaux étrangers dans la transformation de cacao. Le lundi 26 octobre, à New York, Wisdom Kofi Dogbey, directeur général de la Cocoa Marketing Company (CMC), l’entreprise chargée de commercialiser le cacao ghanéen, a présenté des opportunités d’investissement dans la filière lors de la deuxième édition de l’African Cocoa Finance and Investment Forum (ACFIF).

Selon l’Agence ghanéenne de presse (GNA), les opportunités présentées concernent notamment la réhabilitation de plantations, la transformation locale, les technologies, la recherche et la gestion des risques. M. Dogbey estime que les unités existantes pourraient accroître leur production grâce à des fonds de roulement suffisants, à la modernisation de leurs équipements et à l’accès à des marchés fiables pour leurs produits finis et semi-finis.

Pour attirer les investisseurs, il souligne également la nécessité de projets économiquement viables, portés par des opérateurs compétents, disposant de clients identifiés et reposant sur des accords commerciaux clairs.

Cet appel aux investisseurs intervient alors que le gouvernement ghanéen s’est fixé pour objectif de faire transformer localement au moins 50 % des fèves produites dans le pays à partir de la campagne 2026/2027, contre environ 30 à 40 % auparavant. Dans le cadre de cette orientation annoncée dès février 2026, les autorités prévoient également de relancer l’entreprise Cocoa Processing Company (CPC), un des principaux transformateurs du pays.

Des capacités de transformation encore sous-utilisées

Il convient de noter que le Ghana n’exploite pas pleinement ses capacités industrielles de transformation du cacao. Dans son dernier rapport publié sur le marché ghanéen de la fève, le Département américain de l’Agriculture indique que les transformateurs locaux ont traité en moyenne environ 220 000 tonnes de fèves par an entre 2023 et 2025, pour une production nationale moyenne proche de 600 000 tonnes. Dans le même temps, la capacité installée de transformation était estimée à 504 780 tonnes en 2025.

Les causes de cette sous-utilisation sont multiples. Une étude sur la transformation du cacao au Ghana, commandée par l’Agence néerlandaise pour l’entreprise (RVO) et publiée en décembre 2022, relève notamment les difficultés d’approvisionnement en fèves, le coût élevé de l’électricité, les frais d’exploitation et le coût du capital. Elle souligne également les contraintes logistiques et les difficultés d’accès aux marchés, qui pèsent sur la compétitivité des industriels.

La mobilisation de financements supplémentaires apparaît donc comme un enjeu stratégique pour lever ces obstacles et mieux exploiter les capacités industrielles existantes. L’intérêt économique d’une telle démarche se reflète déjà dans les recettes tirées des produits dérivés du cacao.

Selon le rapport annuel de l’Autorité ghanéenne de promotion des exportations (GEPA), les exportations de produits dérivés du cacao ont généré 1,8 milliard de dollars en 2025, en hausse de 90 % sur un an. Dans le détail, la pâte de cacao a contribué le plus à ces recettes, avec 789,3 millions de dollars, suivie du beurre de cacao (635,7 millions), de la poudre (233,8 millions) et des tourteaux (près de 140 millions).

Cette progression a toutefois été soutenue par la hausse des prix du cacao au début de l’année et par une demande accrue, sans nécessairement traduire une augmentation équivalente des volumes exportés.

Au-delà des produits intermédiaires destinés à l’industrie chocolatière, le Ghana souhaite également développer de nouveaux débouchés pour les dérivés du cacao. Wisdom Kofi Dogbey a notamment évoqué les cosmétiques à base de beurre de cacao et les boissons issues de la pulpe. La commercialisation de ces produits pourrait diversifier les revenus de la filière, à condition de trouver des financements adaptés et des marchés suffisamment solides pour soutenir leur développement.

 

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