Le nucléaire à usage civil devient un nouveau levier de l’influence du Maroc en Afrique. Le Royaume renforce ses coopérations alors que le continent s’intéresse davantage à l’atome pour son développement.
Le Maroc a pris jeudi 17 septembre la présidence du principal cadre de coopération nucléaire du continent africain. Le royaume a été désigné par acclamation à Vienne, en marge de la 70ème Conférence générale de l’International Atomic Energy Agency (IAEA), selon l’agence de presse marocaine MAP.
Cette présidence, d’un an, revient à Hamid Marah, directeur général du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). Il succède au Botswanais David Tshere, selon la même source. L’élection s’est tenue lors de la 37ème réunion des États parties à l’accord.
Le mécanisme concerné, l’African Regional Cooperative Agreement for Research, Development and Training Related to Nuclear Science and Technology (AFRA), réunit une quarantaine d’États depuis 1990. Il porte sur la formation et la recherche autour des usages pacifiques de l’atome, dans la santé et l’agriculture. L’IAEA en assure le secrétariat.
La désignation prolonge un mandat que Rabat achève au Conseil des gouverneurs de l’IAEA, l’organe exécutif de l’agence. Le royaume forme depuis des années des spécialistes venus de tout le continent et exploite un réacteur de recherche.
Présent à la cérémonie, le directeur général de l’IAEA, Rafael Grossi, a félicité le Maroc, précisant le même jour que 46 pays africains bénéficient des programmes de l’agence, notamment pour le traitement du cancer par radiothérapie.
Cet appui sanitaire passe surtout par l’initiative Rays of Hope, que l’agence onusienne a lancée en 2022 pour étendre l’accès à la radiothérapie en Afrique. Le Maroc y joue déjà un rôle d’ancrage régional, ce qui a pesé dans sa désignation.
Recevant cette responsabilité, l’ambassadeur marocain à Vienne, Azzeddine Farhane, y a vu le 17 septembre une marque de l’engagement du royaume auprès des autres pays africains. Le nouveau président de l’AFRA, Hamid Marah, a de son côté promis de consolider les acquis du programme et le transfert de compétences vers l’Afrique.
Un continent qui accélère sur le nucléaire
Le choix marocain intervient alors que plusieurs pays africains avancent leurs propres programmes. L’Éthiopie a scellé fin 2025 un partenariat avec le russe Rosatom pour deux réacteurs. Son électricité dépend à près de 90 % de l’hydraulique, une source vulnérable à la sécheresse.
L’Égypte, elle, construit sa centrale d’El-Dabaa avec le même partenaire russe. Outre le Maroc, d’autres pays comme le Ghana, l’Ethiopie ou encore le Rwanda ont également engagé des discussions pour se doter, à terme, de capacités nucléaires.
Cette dynamique se renforce depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, en février 2026. Ce passage maritime, par où transite une large part des hydrocarbures mondiaux, reste bloqué par le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Semafor rapportait en juillet que cette guerre a donné une urgence nouvelle à la quête de solutions énergétiques domestiques en Afrique, en exposant la vulnérabilité des économies dépendantes des importations d’hydrocarbures.





























