Énergie verte au Togo : Le biodigesteur au cœur de la transition agricole et rurale

Les déchets organiques issus des activités agricoles et domestiques représentent une ressource encore peu exploitée. Leur transformation en biogaz et en fertilisant ouvre des perspectives pour répondre simultanément à des besoins énergétiques et agricoles.

Le Togo veut élargir l’usage des biodigesteurs, des installations qui transforment les déchets organiques en biogaz et en fertilisant. Une délégation de l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB-AOC) est à Lomé cette semaine pour accompagner le pays et examiner le plan stratégique 2026-2030 de l’organisation.

Le pays compte actuellement 140 biodigesteurs, dont plus des deux tiers ont été installés entre 2020 et 2023. Près de la moitié se trouvent dans la région Maritime et un quart dans les Savanes.

Le programme envisagé prévoit d’en installer 5000 au Togo, d’ici 2030, soit plus de 35 fois sa capacité actuelle, mais son financement reste à trouver.

S’il se concrétise, ce programme représenterait 10 % des 50 000 nouvelles installations visées à l’échelle sous-régionale par l’AB-AOC dans son plan stratégique. « Le Togo a quand même amorcé le développement de la technologie avec un programme qui, en perspective, vise 5 000 biodigesteurs », a déclaré Malick Gaye, président du conseil d’administration de l’Alliance.

Ces équipements utilisent des déchets tels que la bouse, les résidus agricoles et les restes de cuisine. La fermentation produit un gaz utilisable pour la cuisson ou la production d’électricité. Les résidus peuvent servir d’engrais dans les champs.

Des usages liés à l’agriculture et à l’énergie

Le développement de la filière rejoint des initiatives déjà engagées. À Kpalimé, le projet EcoFemmes, lancé en mars 2026, prévoit d’accompagner 130 femmes rurales dans l’agriculture biologique et la production de biogaz. Financé à hauteur de plus de 52 millions de FCFA par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), il inclut une formation à la fabrication de biodigesteurs et de biofertilisants.

L’usage des biodigesteurs reste limité. Pour développer la filière, il faudra mobiliser des financements, former des techniciens, organiser la maintenance des installations et encourager leur adoption.

 

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