Infrastructures en Guinée : 336 millions $ injectés pour désenclaver les régions du centre-nord

Le déficit d’infrastructures routières reste un frein à la valorisation des ressources et aux échanges entre régions. L’amélioration des dessertes de l’intérieur du pays constitue un préalable pour élargir les débouchés économiques des territoires concernés et renforcer leur intégration au marché national.

Le Parlement de Guinée a approuvé un accord de prêt de 300 millions d’euros (environ 336,45 millions USD) destinés au projet de bitumage de la route nationale Labé – Tougué. Le chantier prévoit la construction et le bitumage de 149 km de route, l’aménagement de 11 km de la bretelle Banti – Koubia, ainsi que la construction d’un pont de 200 mètres sur le fleuve Bafing. Selon le ministère des Infrastructures, la route comprendra deux voies de 3,7 mètres de largeur chacune. Au total, les travaux porteront sur plus de 160 km, pour un délai d’exécution prévisionnel de 36 mois.

Le projet vise à améliorer la circulation des personnes et des marchandises dans cette partie du centre-nord du pays, où le potentiel agricole est important. La région produit notamment du maïs, du fonio, des arachides et des pommes de terre, tout en disposant de cheptels de bovins, d’ovins et de caprins. Toutefois, l’exploitation de ces ressources demeure contrainte par l’état des infrastructures de transport et l’insuffisance des liaisons routières.

Cet investissement s’inscrit dans la dynamique du programme stratégique Simandou 2040, dont le troisième pilier est consacré au développement des infrastructures. À travers ce programme, les autorités guinéennes entendent notamment réduire le déficit du pays en équipements de transport. Selon l’International Trade Administration, les infrastructures guinéennes, notamment routières, ferroviaires et portuaires, restent en effet inégalement développées.

À terme, la route Labé – Tougué devrait faciliter les échanges entre les localités desservies, réduire les difficultés de déplacement et améliorer l’accès des producteurs agricoles aux marchés. Le désenclavement de cette zone pourrait également favoriser les activités économiques locales, à condition que l’amélioration de la desserte routière s’accompagne d’investissements complémentaires dans les circuits de commercialisation.

Le principal défi résidera dans l’exécution du chantier dans les délais annoncés, et dans la pérennité de l’infrastructure. Le respect du calendrier de 36 mois dépendra notamment de la mobilisation effective des financements, de la maîtrise des coûts et de la bonne conduite des travaux. À plus long terme, l’entretien régulier de la route sera déterminant pour préserver les gains de connectivité attendus et éviter une dégradation prématurée de l’investissement.

 

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