L’Afrique de l’Ouest concentre l’essentiel de l’offre mondiale de karité. Dans cette région, la Côte d’Ivoire renforce depuis 2025, sa politique de transformation locale avec pour objectif de retenir davantage de matières premières sur son territoire et de développer les capacités industrielles.
En Côte d’Ivoire, Bruno Koné, ministre de l’Agriculture, a procédé, le lundi 12 octobre, à l’inauguration d’une unité de transformation d’oléagineux baptisée BETA VEG OIL, basée à Kongodékro, dans la commune de Bouaké. Ce projet industriel, dont les travaux ont été lancés en janvier 2025, représente un investissement total annoncé de 10 milliards de FCFA (17 millions $).
Selon les autorités, l’installation dispose d’une capacité de traitement de 70 000 tonnes de matières premières par an, destinées à la transformation du karité en beurre et du soja en huile et tourteaux. D’après le média local KOACI, la ligne de production de beurre de karité est déjà opérationnelle.
Pour l’heure, les détails concernant la part des capacités de transformation consacrée au karité n’ont pas été précisés. Quoi qu’il en soit, l’entrée en service de cette infrastructure vient renforcer les capacités de transformation de la filière ivoirienne.
D’après le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité (CCAK), le pays compte déjà une vingtaine d’unités de transformation, pour une capacité industrielle installée estimée à environ 130 000 tonnes d’amandes par an, qui reste encore largement sous-exploitée.
Un niveau de transformation encore limité
Dans son bilan de la campagne 2025/2026, le régulateur indiquait que la filière avait enregistré 51 697 tonnes d’amandes de karité dans le circuit formel de commercialisation, entièrement orientées vers les unités de transformation locales. Ce volume représente environ 40 % de la capacité industrielle installée disponible dans le pays.
Pour la campagne 2026/2027, lancée en août dernier, les autorités ivoiriennes ambitionnent de porter le volume d’amandes commercialisées à 60 000 tonnes, soit une progression visée d’environ 16 %. Cet objectif a été présenté lors de la conférence de lancement de la campagne organisée le 14 août dernier par le CCAK et rapporté par les médias locaux.
Dans le cadre de cette ambition, le gouvernement renforce en conséquence sa politique de promotion de la transformation locale. Alors que l’exportation des noix et amandes de karité par les frontières terrestres est interdite depuis janvier 2025, le CCAK a annoncé que les achats auprès des collectrices et des acheteurs seraient exclusivement réservés aux unités de transformation, jusqu’à nouvel ordre. S’exprimant lors du lancement de la campagne, Jérôme Ehui, président du conseil d’administration du CCAK, a expliqué que cette dernière mesure visait à mieux contrôler les circuits de commercialisation et à favoriser l’approvisionnement des unités industrielles locales.
Le renforcement des capacités de transformation doit également permettre d’accroître la valeur ajoutée générée par la filière. Au cours de la campagne 2025/2026, la Côte d’Ivoire a exporté 14 078 tonnes de beurre de karité vers 13 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique, selon le CCAK. Ces expéditions illustrent les débouchés dont dispose déjà la filière pour ses produits transformés. L’enjeu sera désormais d’accroître les volumes effectivement transformés localement et de développer les ventes de ces produits, afin de mieux valoriser la production nationale.






























