Recherche scientifique :en Afrique l’excellence face au mur du financement

Alors que la transformation des économies africaines dépend aussi de leur capacité à produire et à valoriser des connaissances, les résultats scientifiques du continent soulèvent la question des financements et des liens entre la recherche et les entreprises.

La capacité des pays africains à transformer la recherche scientifique en valeur économique dépend notamment des moyens qui lui sont consacrés et de la valorisation des travaux. Le classement Stanford-Elsevier 2026, publié la semaine dernière, apporte un éclairage sur la reconnaissance internationale des chercheurs affiliés à des institutions du continent. Dans la liste consacrée à l’impact scientifique annuel, l’Égypte et l’Afrique du Sud arrivent en tête, devant plusieurs autres pays africains.

Des écarts importants entre les pays africains

Dans la liste consacrée à l’impact scientifique annuel, l’Égypte compte 1 307 chercheurs recensés, devant l’Afrique du Sud, qui en totalise 1 033. Le Nigeria suit avec 305 chercheurs, puis l’Éthiopie avec 236 et le Maroc avec 185. L’Algérie, la Tunisie et le Ghana figurent également dans cette catégorie. Ces effectifs illustrent les écarts entre les pays africains dans ce classement international.

Entre les éditions 2025 et 2026, plusieurs pays enregistrent une progression du nombre de chercheurs recensés. Le Maroc, le Ghana, l’Algérie et l’Éthiopie affichent notamment des hausses dans la liste annuelle, selon les données compilées par TOPSCINET à partir des données d’Elsevier. L’Égypte et le Nigeria progressent également.

La liste consacrée à l’impact scientifique sur l’ensemble d’une carrière confirme la place de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, suivies notamment par le Nigeria. Alors que la première catégorie repose sur des indicateurs annuels, la seconde met en évidence les chercheurs dont l’influence scientifique s’est construite au fil de leur carrière.

Des moyens de recherche encore limités face aux enjeux économiques

Ces résultats interviennent alors que les pays d’Afrique subsaharienne consacrent encore une part limitée de leur richesse à la recherche et au développement (R&D). Selon l’Institut de statistique de l’UNESCO, ces dépenses représentaient 0,38 % du produit intérieur brut (PIB) régional en 2023, contre 2,55 % en Europe et en Amérique du Nord. L’écart concerne aussi les ressources humaines : l’Afrique subsaharienne comptait 88 chercheurs par million d’habitants, contre 4 358 dans cette dernière région.

Ces moyens limités contrastent avec les ambitions de l’Union africaine en matière de science, de technologie et d’innovation. Sa stratégie continentale identifie notamment l’agriculture, l’énergie, la santé, les infrastructures et les industries extractives comme des secteurs dans lesquels les connaissances scientifiques peuvent contribuer à la transformation économique. Elle préconise également le renforcement des infrastructures de recherche, des mécanismes de financement et de l’entrepreneuriat.

Pour les économies africaines, le défi consiste à rapprocher les capacités scientifiques des besoins des entreprises et des secteurs productifs. Les écarts de financement relevés par l’UNESCO donnent une indication des moyens mobilisés pour développer ces capacités. Le classement Stanford-Elsevier renseigne sur la reconnaissance internationale des chercheurs, mais ne permet pas de déterminer dans quelle mesure leurs travaux se traduisent par des innovations, des gains de productivité ou la création de nouvelles activités économiques.

 

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