Malgré un PIB en hausse, le revenu par habitant stagne à 1,8 % en Afrique subsaharienne

Malgré une accélération attendue de l’activité économique régionale à 4,3 % en 2026, les effets sur les conditions de vie devraient rester limités. Selon la Banque mondiale, la pauvreté ne reculera que marginalement, avec un taux encore estimé à 47,1 % en 2027, tandis que le nombre de personnes pauvres continuera d’augmenter.

En Afrique subsaharienne, la croissance du revenu par habitant devrait passer de 1,6 % en 2025 à 1,8 % en 2026, avant de s’établir en moyenne à 2 % par an en 2027-2028, selon les dernières projections de la Banque mondiale.

Cette évolution intervient dans un contexte d’accélération de l’activité économique régionale. La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,3 % en 2026, contre 4,1 % en 2025. La Banque mondiale attribue cette amélioration notamment à la reprise dans plusieurs économies exportatrices de matières premières, à une production agricole plus dynamique, au dynamisme de la demande intérieure et à la mise en œuvre de réformes structurelles.

Plusieurs sous-régions devraient également enregistrer une amélioration de leur croissance. En Afrique de l’Est et australe (AFE), celle-ci devrait passer de 3,7 % en 2025 à 4,1 % en 2026. En Afrique de l’Ouest et du Centre, elle devrait se maintenir à 4,5 % en 2026, avant d’atteindre une moyenne annuelle de 4,7 % en 2027-2028.

Malgré cette amélioration, la progression du revenu par habitant resterait trop faible pour améliorer sensiblement les conditions de vie. La Banque mondiale estime que la croissance attendue « demeure insuffisante pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté ou créer suffisamment de possibilités d’emploi pour la population active de la région, qui augmente rapidement. En conséquence, la réduction de la pauvreté devrait rester lente ».

Les perspectives restent également préoccupantes en matière de pauvreté. Selon les projections de la Banque mondiale, le taux de pauvreté, mesuré à partir du seuil international de 3 dollars par personne et par jour en parité de pouvoir d’achat de 2021, ne devrait reculer que de 47,8 % en 2026 à 47,1 % en 2027.

Cette baisse limitée du taux de pauvreté ne devrait pas empêcher l’augmentation du nombre absolu de personnes pauvres, qui devrait se poursuivre.

La croissance confrontée à plusieurs risques

Les économies subsahariennes restent exposées à plusieurs facteurs de vulnérabilité. Selon la Banque mondiale, les risques pesant sur les perspectives économiques restent orientés à la baisse. « Ces modestes gains de revenus pourraient être encore érodés par les conflits au Moyen-Orient, la baisse de l’aide au développement, le poids élevé du service de la dette et les chocs climatiques liés au phénomène El Niño, en particulier pour les ménages pauvres en situation d’insécurité alimentaire », indique l’institution.

L’enjeu ne se limite donc pas à l’accélération de la croissance. Il consiste également à faire en sorte qu’elle génère des emplois productifs et contribue à accroître les revenus des ménages.

La Banque mondiale recommande notamment d’investir davantage dans le capital humain, d’améliorer l’accès à l’électricité et à la connectivité, ainsi que de renforcer les compétences. Elle souligne également le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) pour relever certains des défis de développement les plus persistants de la région, notamment la faible productivité, les déficits en capital humain et les insuffisances dans la fourniture des services.

D’après l’institution, « des gains de productivité généralisés pourraient permettre à jusqu’à trois fois plus de personnes de sortir de la pauvreté que dans les scénarios où les avantages profitent principalement aux premiers utilisateurs », selon les simulations.

 

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