IA : le Kenya passe à la vitesse supérieure pour former ses talents universitaires

La progression de l’intelligence artificielle transforme les besoins en compétences et pousse les systèmes éducatifs à adapter leurs enseignements. Au Kenya, cette évolution accompagne une stratégie nationale axée sur la recherche et l’innovation technologique.

Le Kenya veut renforcer les capacités de ses universités à former des spécialistes capables de comprendre et de développer des technologies d’intelligence artificielle (IA). Six établissements du pays participent à Africa AI Upskilling, un programme panafricain qui prévoit de former des enseignants afin qu’ils transmettent à leur tour des compétences avancées aux étudiants.

Au-delà de la formation, les promoteurs du programme appellent les autorités kényanes à accélérer l’approbation des cursus universitaires consacrés à l’IA. Ils estiment que les procédures actuelles ralentissent l’actualisation des enseignements face à l’évolution rapide des technologies. « Nous devons intégrer des programmes d’enseignement de l’intelligence artificielle à jour sans avoir à passer par le très long processus d’approbation des cursus », a déclaré Ayomide Akindolie, de la FATE Foundation, citée par The Star le 18 octobre.

Une stratégie nationale confrontée aux besoins de formation

L’accélération de la formation en IA dans les universités s’inscrit dans une ambition plus large. Lancée en mars 2025, la stratégie nationale kényane sur l’IA pour 2025-2030 prévoit de renforcer les infrastructures numériques, la gouvernance des données, la recherche, l’innovation et la commercialisation de solutions technologiques. En août 2026, la Commission for University Education a également réuni des représentants d’environ 54 universités pour préparer un cadre national encadrant l’usage de l’IA dans l’enseignement supérieur. Cette concertation, distincte du programme Africa AI Upskilling, porte sur les conditions d’intégration de ces technologies dans les établissements.

Les capacités de formation constituent un enjeu dans un système universitaire en expansion. Selon le rapport statistique 2025 de la Commission for University Education, les effectifs étudiants sont passés de 628 541 en 2024 à 707 150 en 2025, soit une hausse de 12,5 %. Sur la même période, le nombre d’enseignants universitaires est passé de 15 383 à 16 434, une progression d’environ 6,8 %.

Du côté des entreprises, une enquête de la Fédération des employeurs du Kenya, menée en 2023 auprès de 521 sociétés, plaçait les technologies de l’information en tête des domaines où des compétences étaient recherchées. Ce chiffre ne mesure toutefois pas spécifiquement la demande de spécialistes de l’IA.

L’impact du programme reste donc à établir. Le nombre d’étudiants effectivement formés, les compétences acquises, les projets développés et les débouchés professionnels permettront d’évaluer son adéquation aux besoins économiques. La pérennité des cours après la fin du financement constituera un autre indicateur déterminant.

 

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