Anacarde en Afrique de l’Est : Entre récoltes records et ajustements de prix pour 2026/2027

L’Afrique de l’Est est le deuxième bassin de production d’anacarde du continent, après l’Afrique de l’Ouest. Dans la sous-région, la production est principalement portée par la Tanzanie et le Mozambique, qui entrent progressivement dans la campagne de commercialisation 2026/2027.

Après une campagne de commercialisation 2025/2026 marquée par une hausse globale de la récolte de noix de cajou et des volumes commercialisés, l’heure est désormais aux préparatifs de la nouvelle saison en Afrique de l’Est. Tour d’horizon des perspectives de production en Tanzanie et au Mozambique, deux pays qui représentent ensemble environ 98 % de l’offre régionale.

Tanzanie : un nouveau record de production en ligne de mire

En Tanzanie, la campagne de commercialisation des noix de cajou 2026/2027 est entrée dans sa phase opérationnelle en octobre. Initialement prévues le 19 octobre, les enchères nationales ont été avancées au 12 octobre par le Conseil tanzanien de la noix de cajou (CBT).

Le régulateur table sur une production de 750 000 tonnes de noix brutes pour la campagne 2026/2027, après une récolte de 618 497 tonnes enregistrée en 2025/2026. Si cette prévision se concrétise, elle correspondrait à une progression de 21,3 % sur un an et marquerait un nouveau record pour la filière.

Les perspectives d’amélioration de la production reposent également sur les mesures de soutien aux producteurs annoncées en amont de la campagne. Le 27 avril, le média local The Citizen rapportait le lancement par le gouvernement d’un programme de distribution gratuite d’intrants agricoles destiné à 549 936 producteurs répartis dans cinq régions. Selon les données du CBT, le dispositif prévoyait la distribution de 51 000 tonnes de soufre en poudre et de 6 millions de litres de pesticides liquides afin de lutter contre les maladies et les ravageurs.

Des difficultés d’approvisionnement en soufre subventionné étaient toutefois encore signalées le 30 juin dans plusieurs zones productrices, notamment à Mtwara et à Lindi. Leur incidence sur les rendements de la campagne 2026/2027 reste à déterminer.

Au-delà de l’augmentation des volumes, les autorités veulent renforcer les capacités de stockage et de transformation. Selon des informations relayées le 2 septembre par le média local Tanzania Business Journal, plusieurs infrastructures sont en cours de développement, notamment des entrepôts à Manyoni, à Tunduru et dans le port de Mtwara.

Mozambique : un prix en hausse, une récolte attendue en baisse

Au Mozambique, le prix de référence de la noix de cajou au producteur a été fixé à 48 meticals (0,75 dollar) par kilogramme pour la campagne de commercialisation 2026/2027, contre 45 meticals lors de la précédente, soit une hausse de 6,7 %. L’annonce a été faite le 7 octobre par le ministre de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Pêche, Roberto Mito Albino, à l’issue d’une réunion du Comité des amandes réunissant les autorités, les producteurs et les représentants de l’industrie, selon l’Institut des amandes du Mozambique (IAM).

Les perspectives de récolte sont toutefois moins favorables. Selon des projections rapportées le 8 octobre par le média local Jornal Notícias, la production de noix de cajou est attendue à 146 000 tonnes pour la campagne 2026/2027, contre 204 000 tonnes produites et commercialisées lors de la précédente. Cette prévision à la baisse reste toutefois à confirmer auprès de l’IAM.

Dans ce contexte, les autorités entendent renforcer la lutte contre la contrebande, qui prive l’État de recettes fiscales et détourne une partie des volumes des circuits déclarés. Selon les estimations de l’IAM, environ 35 000 tonnes de noix de cajou brutes ont été exportées illégalement au cours des trois dernières années, occasionnant un manque à gagner estimé à 457 millions de meticals.

Pour la campagne 2026/2027, le gouvernement annonce vouloir durcir les sanctions contre les entreprises impliquées dans ces pratiques, en privilégiant les poursuites pénales plutôt que de simples amendes administratives. Parallèlement, le ministère de l’Agriculture a décidé de porter à 22 % le taux de la taxe dite de survalorisation à l’exportation, contre 18 % auparavant. Cette décision traduit une volonté de renforcer les incitations à la transformation locale des noix de cajou en rendant leur exportation à l’état brut moins avantageuse pour les opérateurs. Elle pourrait toutefois aussi accroître les incitations à contourner les circuits officiels.

Dans les deux pays, les résultats de la campagne dépendront de la capacité des filières à sécuriser les approvisionnements, à préserver la qualité des noix et à maintenir les volumes dans les circuits officiels.

 

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