Premier producteur d’or en Afrique, le Ghana tire également l’essentiel de ses recettes d’exportation de cette filière minière. En 2025, le métal jaune à lui seul a généré 20,9 milliards USD sur les 31,1 milliards USD de recettes totales enregistrées par le pays, sur fond de hausse des prix.
Au Ghana, l’entreprise publique Ghana Gold Board (GoldBod) a annoncé lundi 25 mai la signature d’un accord avec la raffinerie locale Royal Gold Refinery pour assurer la valorisation de l’or brut extrait dans le pays. Cette initiative illustre l’accélération des efforts engagés par Accra afin de renforcer la transformation locale de son or et accroître les retombées économiques de la filière.
Un deuxième pôle de raffinage dans la foulée…
Dans le cadre de leur partenariat, le GoldBod s’est engagé à fournir jusqu’à une tonne d’or brut (or contenant de l’argent et des impuretés) par semaine à Royal Gold Refinery afin d’être transformé en or raffiné. Des volumes identiques avaient déjà été retenus dans un autre accord conclu entre cette même entité publique et la Gold Coast Refinery. Rendue publique en janvier, cette initiative était alors présentée comme le premier partenariat local de raffinage d’or noué entre le gouvernement et une raffinerie nationale.
Les contours financiers de ces différentes collaborations n’ont toutefois pas encore été dévoilés. Par cette approche, le GoldBod estime néanmoins pouvoir progresser dans sa stratégie visant à raffiner localement l’ensemble de l’or acquis auprès des mineurs artisanaux et industriels.
Régulateur du marché aurifère national, l’organisme déploie actuellement un programme d’achat portant sur 2,45 tonnes d’or par semaine auprès des acteurs de la filière artisanale, en plus de 0,55 tonne hebdomadaire provenant des grandes compagnies minières opérant dans le pays. Depuis 2022, ces dernières sont tenues de vendre 20 % de leur production annuelle à l’État. À compter de juin, ce quota devrait être relevé à 30 %, conformément à une récente demande formulée par les autorités.
Économiser et accroître les recettes aurifères…
En misant sur les capacités locales, le GoldBod entend tirer profit de plusieurs avantages stratégiques. Le premier mis en avant concerne le maintien dans l’économie ghanéenne des frais de raffinage jusque-là versés à des raffineries étrangères pour le traitement de l’or. Au-delà, cette stratégie devrait aussi permettre la récupération et la valorisation de l’argent ainsi que d’autres sous-produits précieux associés au raffinage aurifère.
Les autorités espèrent par ailleurs accroître les recettes d’exportation du pays grâce à la plus-value générée par la vente d’or raffiné plutôt que brut. Ce qui pourrait être déterminant pour le Ghana, dont l’économie demeure fortement dépendante du métal jaune qui a représenté 67,2 % des recettes totales d’exportation en 2025. À cela s’ajoute une dimension sociale, marquée par la création de nouveaux emplois pour les Ghanéens. Dès février, GoldBod indiquait que le lancement des livraisons à la Gold Coast Refinery avait déjà entraîné l’embauche d’environ 162 employés locaux sur le site.
Bien que ces promesses apparaissent porteuses, leur matérialisation reste à évaluer à mesure que les opérations se déploient sur les différents pôles de raffinage. Au-delà des retombées attendues pour l’État, l’enjeu clé réside aussi dans la capacité du GoldBod à garantir une juste rémunération tout au long de la chaîne, en particulier au niveau des mineurs artisanaux, principaux fournisseurs de la matière première.
Ces défis s’inscrivent par ailleurs dans un contexte de marché toujours favorable à l’or, dont les prix ont progressé d’environ 70 % l’an dernier. Une dynamique haussière qui, par le passé, a souvent alimenté les flux de contrebande, certains producteurs cherchant à tirer profit d’écarts de prix plus avantageux en dehors des circuits officiels.






























