En Afrique subsaharienne, l’accès aux semences améliorées reste limité malgré leur rôle clé dans l’amélioration des rendements agricoles et la résilience face au changement climatique. En Tanzanie, le gouvernement poursuit les efforts pour moderniser le secteur.
La Tanzanie prévoit de doubler les superficies cultivées avec des semences améliorées, pour atteindre 6 millions d’hectares d’ici 2030, contre environ 3 millions actuellement. Cette ambition affichée par Dodoma s’inscrit dans de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement du secteur semencier (TSSDS) adoptée le 4 mai dernier et couvrant la période 2026-2030.
Élaborée depuis 2023 dans le cadre d’un partenariat entre le ministère tanzanien de l’Agriculture et l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI), avec l’appui de plusieurs partenaires techniques, cette feuille de route vise à moderniser et structurer durablement le système semencier national.
Selon un communiqué de l’IWMI publié le 25 mai 2026, les interventions porteront sur plusieurs axes prioritaires, dont le renforcement des systèmes de certification des semences, l’investissement dans la multiplication locale de semences, l’amélioration de l’information de marché et une participation accrue du secteur privé aux chaînes de valeur agricoles.
Le gouvernement entend également renforcer la distribution des intrants agricoles à travers l’extension du réseau national d’agro-distributeurs, dont le nombre devrait passer de 3 000 à 12 000 points de vente. Ces acteurs jouent un rôle clé dans l’accès des producteurs aux semences certifiées, aux engrais et aux équipements d’irrigation.
« Le gouvernement tanzanien soutient pleinement cette stratégie, qui constitue une étape majeure pour renforcer notre secteur agricole et construire une sécurité alimentaire durable et résiliente », a déclaré le vice-ministre de l’Agriculture, David Silinde.
Une offre de semences en progression, mais encore insuffisante
Parallèlement à ces ambitions, la Tanzanie enregistre une amélioration progressive de l’offre en semences améliorées. Selon les statistiques officielles, la disponibilité de semences améliorées est passée de 44 581 tonnes en 2020/2021 à 72 031 tonnes en 2023/2024, soit une hausse d’environ 62 % en quatre ans.
Dans son dernier rapport sur les performances du secteur agricole, le ministère tanzanien de l’Agriculture souligne que cette dynamique est principalement attribuée au renforcement des capacités de l’Agence des semences agricoles (ASA) et de l’Institut national de recherche agricole (TARI).
Sur la campagne 2023/2024, la disponibilité a permis de couvrir 56,4 % des besoins nationaux estimés à 127 650 tonnes. Il convient de noter que l’offre repose principalement sur la production locale, qui a représenté environ 78 % du total, complétée par des importations ciblées destinées à combler les déficits de certaines filières.
« Le maïs a enregistré la disponibilité la plus élevée avec 43 268 tonnes, représentant 60,1 % du volume national total de semences. Sur ce total, 29 539 tonnes (68,3 %) ont été produites localement, tandis que 13 729 tonnes (31,7 %) ont été importées, soulignant une filière semencière nationale relativement mature pour le maïs, tout en restant partiellement dépendante des importations pour répondre à la demande en variétés », souligne le rapport concernant la campagne 2023/2024.
Malgré ces avancées, des déséquilibres importants persistent entre les différentes filières semencières. Si certaines cultures comme le maïs bénéficient d’un système de production relativement organisé, d’autres segments restent fortement dépendants des importations, notamment les semences maraîchères et certaines légumineuses comme le soja et l’arachide.
Ces disparités mettent en évidence la nécessité de renforcer la recherche variétale, d’améliorer les capacités de multiplication locale et de consolider les chaînes d’approvisionnement en semences. Dans ce contexte la mise en œuvre de la TSSDS 2026–2030 sera déterminante pour consolider les acquis du système semencier en Tanzanie et en améliorer durablement les performances dans les années à venir.






























