Transparence financière : comment le Bénin sécurise le paiement des missions officielles

Le Bénin poursuit la digitalisation de la gestion des missions officielles avec une nouvelle étape consacrée au paiement et au suivi des frais. Après avoir informatisé le contrôle des ordres de mission, les autorités veulent désormais renforcer la traçabilité des dépenses et mieux vérifier l’exécution des déplacements.

Le gouvernement béninois a annoncé le dimanche 27 septembre l’institution du paiement électronique des frais de mission dans l’ensemble des administrations publiques, pour les déplacements effectués à l’intérieur du pays. La mesure constitue la deuxième phase du Système d’encadrement des missions officielles (SEMO).

Les nouveaux modules permettent désormais de gérer électroniquement les frais de mission et d’en assurer une meilleure traçabilité. La prochaine étape, avec la géolocalisation des agents, doit permettre de vérifier l’effectivité des déplacements et de comparer les missions autorisées aux déplacements réalisés et aux dépenses engagées.

Au-delà de la dématérialisation, le dispositif vise à mieux suivre l’utilisation des ressources publiques et à réduire les risques d’irrégularités. Il doit progressivement couvrir l’ensemble du processus, de l’autorisation de la mission au paiement des frais, puis à la vérification de son exécution.

Une nouvelle étape dans la traçabilité de la dépense publique

L’initiative intervient dans un contexte de renforcement de la transparence des finances publiques au Bénin. Selon l’Open Budget Survey 2023, le pays a obtenu 79/100 en matière de transparence budgétaire, un score qui mesure notamment l’accessibilité et le niveau de détail des informations sur la collecte et l’utilisation des ressources publiques. L’édition 2025 fait par ailleurs état d’une progression de 21 points de la participation publique, à 52/100, notamment grâce à la mise en place de mécanismes permettant à la société civile de suivre et d’examiner l’exécution budgétaire.

Le nouveau dispositif prolonge également la première phase du Système d’encadrement des missions officielles (SEMO), lancée en 2020. Celui-ci centralise l’édition, le suivi et le contrôle des ordres de mission et permet notamment d’identifier, avant leur validation, les chevauchements de missions et les missions fictives, selon le ministère des Finances.

Plus largement, cette évolution participe à la dématérialisation progressive de l’administration béninoise. Dès le lancement du SEMO, les autorités avaient prévu de renforcer la sécurisation des ressources publiques et de faire évoluer progressivement le dispositif vers le paiement électronique ou bancaire des frais de mission.

 

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