Le Congo veut faire émerger des entreprises locales capables de peser dans l’exploitation de ses ressources pétrolières. Le pays cherche ainsi à capter une part plus importante des retombées économiques du secteur, alors qu’il ambitionne de doubler sa capacité de production.
Le Congo-Brazzaville veut s’inspirer de l’expérience nigériane en matière de contenu local dans les hydrocarbures. Une délégation conduite par le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga, s’est à cet effet rendue au Nigeria en septembre pour étudier le dispositif développé par le Nigerian Content Development and Monitoring Board (NCDMB).
Le NCDMB indique que la délégation a été reçue à Abuja le 21 septembre par Heineken Lokpobiri, ministre d’État nigérian chargé du Pétrole. L’organisme nigérian présente la visite comme une étude de son cadre de contenu local dans l’industrie pétrolière et gazière. Le ministre Onanga y a déclaré que le Nigeria était le seul pays africain à avoir atteint, selon lui, un niveau significatif d’autosuffisance en contenu local dans le secteur.
Le 23 septembre, la délégation s’est notamment rendue au siège du NCDMB à Yenagoa, puis au Nigerian Oil and Gas Park Scheme (NOGaPS) d’Emeyal I, avant de visiter une centrale à gaz de 10 MW à Elebele. Franc Mouzabakani, directeur général des hydrocarbures, a déclaré que le parc et la centrale permettaient à la délégation de voir concrètement les mécanismes du contenu local nigérian. Le NCDMB rapporte notamment que la centrale est exploitée par des entreprises locales et alimentée en gaz par un producteur local.
Au-delà du cadre légal congolais
Le Congo dispose déjà d’un cadre légal en matière de contenu local. La loi n°28-2016 du 12 octobre 2016 portant Code des hydrocarbures lui consacre notamment un titre et prévoit des sanctions en cas de manquement.
En pratique, l’application de ces règles reste toutefois un enjeu. Dans un entretien accordé à Energy Capital & Power en février 2025, le cabinet juridique CLG Congo relevait que la loi impose l’emploi d’au moins 70 % de Congolais aux postes de direction, mais ne prévoit pas de mécanismes de conformité suffisamment clairs. Le cabinet estimait que l’absence de suivi efficace pouvait entraîner des différences dans la mise en œuvre des règles entre les entreprises.
Un enjeu renforcé par les investissements
La question intervient alors que le Congo prépare de nouveaux investissements dans l’amont pétrolier. Lors du Conseil des ministres du 18 août dernier, le gouvernement a examiné deux projets de décret concernant notamment le permis Banga Kayo II, Holmoni et Cayo.
Pour Banga Kayo II, le gouvernement a indiqué que le plan de redéveloppement était associé à un investissement attendu de 23 milliards de dollars. Le groupe contracteur du permis est constitué de la SNPC, avec 15 %, et de Wing Wah Exploration & Production Pétrolière SAU, avec 85 %.
Le même Conseil des ministres a indiqué que le plan de développement des permis Holmoni et Cayo devait également permettre d’accroître significativement la production nationale dans les prochaines années. Comme rapporté par Agence Ecofin, le pays a annoncé, en décembre 2024, l’objectif de doubler en 5 ans sa production pétrolière pour atteindre 500 000 b/j.






























