L’Angola tire toujours l’essentiel de ses recettes d’exportation du pétrole, dont la production recule depuis une décennie. Le pays compte sur ses mines pour prendre le relais, mais exporter du minerai brut rapporte peu.
Pour Diamantino Azevedo (photo), la transformation locale des minerais angolais doit s’appuyer sur l’énergie disponible. Le ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz de l’Angola s’est exprimé dans ce sens mercredi 23 septembre à Luanda, dans le cadre de la célébration des 15 ans du code minier angolais, adopté en 2011.
Il a cité cinq autres conditions, le réalisme, l’échelle, les infrastructures, la technologie et l’accès aux marchés. Le ministre a refusé d’en faire « une formule rigide », identique pour tous les minerais et à toutes les phases du marché, a rapporté l’agence publique Agência Angola Press (ANGOP).
Azevedo a aussi annoncé une étude sur la compétitivité du secteur minier. Elle examinera notamment le code pour identifier les règles à maintenir, clarifier, améliorer ou modifier. La sécurité juridique restera un principe « non négociable », a-t-il précisé, pour ne pas fragiliser les droits acquis.
Le ministre souhaite également alléger les procédures qui n’ajoutent aucune valeur. « Simplifier ne signifie pas réduire l’exigence », a-t-il déclaré, sans donner de détails au sujet du calendrier et de l’organisme chargé de l’étude.
Un développement minier qui se heurte au faible accès à l’électricité
Les chiffres officiels décrivent un accès à l’électricité très inégal en Angola. Lors de l’ouverture d’un forum sur l’eau, l’énergie et l’environnement début mai 2024, le secrétaire d’État à l’Énergie, Arlindo Bota Carlos évaluait la capacité installée du pays, à 6200 mégawatts (MW) en 2023. Le taux d’électrification atteignait alors 43 %.
Lors du même forum, Diógenes Diogo, le directeur national de l’électricité, indiquait que seule la province de Luanda dépassait 50 % en matière d’accès à l’électricité. Dans l’est, où se trouvent les gisements de diamants des Lunda, l’accès restait inférieur à 10 %, d’après des données relayées par l’hebdomadaire Expansão en octobre 2024. Le média relevait aussi que le réseau de lignes à haute tension qui achemine le courant, n’avait pas suivi la hausse de la production.
Le gouvernement attend de nouveaux apports du barrage de Caculo Cabaça, d’une capacité totale de 2 172 MW. Le ministère de l’Énergie et des Eaux prévoyait en mars 2026 une première production à la mi-2027. Le chantier atteignait alors 44 % d’exécution physique.
Le ministre avait déjà tenu un discours similaire sur le cuivre. En octobre 2025, à l’inauguration de la mine de Tetelo, il avait reporté toute raffinerie locale au jour où les réserves le justifieraient. Le concentré, un minerai partiellement enrichi, part donc à l’exportation.






























