Guinée : Course contre la montre à la mine Kiniero avant le blocage des exportations d’or brut

 

Le gouvernement guinéen veut remplacer l’affinage de son or à l’étranger par un traitement sur place pour en tirer davantage de revenus. Mais les conditions permettant aux mines industrielles de poursuivre leurs exportations dans ce nouveau cadre restent à préciser.

En Guinée, PDI Gold a augmenté ses ventes d’or provenant de la mine Kiniero au troisième trimestre 2026, peu avant l’ouverture d’une raffinerie nationale. Selon son rapport de production publié lundi 5 octobre, la compagnie a vendu 61 149 onces issues de cette mine, contre 38 470 au trimestre précédent. Cette hausse de 59 % intervient alors que Conakry a annoncé en juin l’obligation pour les producteurs d’affiner leur or dans une raffinerie sur son territoire avant de pouvoir l’exporter, au lieu de confier cette étape à des installations étrangères.

La période transitoire accordée aux opérateurs pour se conformer à cette exigence doit expirer le 6 octobre, d’après le calendrier communiqué par PDI. La hausse des ventes à Kiniero ne traduit pas une augmentation de la production. La mine a livré 45 599 onces entre juillet et septembre, soit un recul de 16 % par rapport au trimestre précédent. Le groupe explique avoir converti en liquidités une part importante de l’or qu’il détenait fin juin, au gré du calendrier des expéditions et des ventes. Ce déstockage intervient après des perturbations liées à la réforme annoncée plus tôt cette année par le président Mamadi Doumbouya.

Dans son précédent rapport trimestriel, PDI a indiqué que les exportations ont été temporairement suspendues pendant la finalisation du nouveau cadre réglementaire. Elles avaient repris en juillet, sans interruption significative des activités d’extraction et de traitement. Pour Conakry, l’objectif est de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire et de mieux contrôler les flux d’or. Les autorités attendent la mise en service de Nimba Gold Refinery d’ici la fin de l’année.

L’application effective de l’obligation de raffinage local dépendra toutefois de la disponibilité des installations et de leur capacité à satisfaire les exigences de qualité et de certification des producteurs qui vendent leur or sur le marché international. Les modalités concrètes de collaboration entre la raffinerie et les mines industrielles du pays restent également à préciser, notamment les tarifs, les délais de traitement et les garanties offertes aux producteurs. Au-delà de l’échéance réglementaire, l’enjeu sera donc d’organiser le passage au raffinage local tout en préservant l’accès aux débouchés internationaux et la continuité des ventes.

 

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