Après l’allègement fiscal, le Ghana appelle les compagnies aériennes à réduire les tarifs

Sur un marché ouest-africain du transport aérien encore marqué par des coûts élevés, les politiques fiscales deviennent un levier pour agir sur l’offre des compagnies et sur le prix des billets. Le Ghana illustre les difficultés de cet exercice d’équilibre.

Au Ghana, le ministre des Transports, Joseph Bukari Nikpe, a appelé les compagnies aériennes à revoir leurs tarifs à la baisse, après la suppression des droits d’importation sur les pièces détachées d’aéronefs. Selon lui, la baisse des charges liées à la maintenance doit bénéficier aux voyageurs. « Nous voulons saisir cette occasion pour appeler toutes les compagnies aériennes, en particulier les principales compagnies aériennes nationales, à examiner leurs activités et à faire en sorte que cela profite au voyageur ghanéen », a-t-il déclaré.

Un marché sous pression

Cette demande intervient cependant dans un environnement où la question des prélèvements sur le transport aérien fait déjà débat au Ghana. Depuis le 1er avril 2026, une nouvelle taxe, l’Airport Infrastructure Development Levy, est appliquée dans le pays. Elle prévoit notamment une charge de 100 $ sur les billets aller-retour internationaux, et de 100 cedis ghanéens (8,64 $) pour les voyageurs domestiques. Le gouvernement avait justifié cette nouvelle contribution par la nécessité de mobiliser des ressources pour financer des travaux d’infrastructures aéroportuaires, notamment à Kotoka et sur plusieurs autres plateformes domestiques.

Mais la mesure a suscité des critiques de la part d’acteurs du secteur, dans un contexte où la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) cherche parallèlement à réduire le coût du transport aérien dans la région. En décembre 2025, l’organisation régionale avait confirmé l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2026, d’une réforme prévoyant la suppression de plusieurs taxes liées au transport aérien ainsi qu’une réduction de 25 % des redevances passagers et de sûreté. L’objectif affiché est de rendre les déplacements aériens plus accessibles et de soutenir la croissance du trafic intra-régional.

Les nouvelles charges introduites au Ghana ont ainsi suscité des réserves de la Commission de la CEDEAO, qui a estimé en mai qu’elles allaient à l’encontre de l’esprit de cette réforme régionale. L’organisation a notamment demandé à Accra de suspendre les nouvelles contributions et d’examiner d’autres mécanismes de financement des infrastructures aéroportuaires.

Des appels dans toute la sous-région

Le Ghana n’est pas le seul pays à revoir sa politique en matière de coûts aéroportuaires. La Côte d’Ivoire a adopté fin avril des mesures visant à harmoniser ses redevances avec l’acte communautaire de la CEDEAO. Pour les vols à destination ou en provenance d’un autre pays de la communauté, les redevances passagers et de sûreté ont notamment été réduites de 25 %.

Au Togo, l’approche a porté sur un autre maillon de la chaîne. Lomé a ramené de 200 millions à 3,5 millions de FCFA les frais nécessaires à l’installation d’une compagnie aérienne sur son marché, soit une réduction de plus de 98 %. Les autorités présentent cette mesure comme un moyen d’abaisser les barrières à l’entrée et de favoriser l’arrivée de nouveaux opérateurs.

Si les initiatives traduisent des approches différentes, elles s’alignent pour le moment sur un même objectif : réduire les coûts qui pèsent sur le transport aérien et stimuler la concurrence. Reste que la baisse des coûts de maintenance ne constitue qu’une composante de la structure tarifaire d’une compagnie aérienne. Le prix du carburant, les redevances aéroportuaires, les coûts de personnel, la disponibilité des appareils, le taux de remplissage et le niveau de concurrence entre opérateurs influencent également le montant final payé par le voyageur.

 

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