Le Burkina Faso figure parmi les principaux producteurs africains de coton. Alors que la transformation locale reste limitée, Ouagadougou mise sur le développement de l’industrie textile pour accroître la valeur ajoutée créée dans la filière et réduire les importations de produits textiles.
Au Burkina Faso, l’industrie textile se dote de nouvelles capacités de transformation. Le 9 septembre, le président Ibrahim Traoré a procédé à l’inauguration du complexe industriel Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), basé à Bobo-Dioulasso. D’un coût total de 17 milliards de francs CFA (30 millions $), cette infrastructure implantée sur un site de 30 hectares à Logofourousso doit produire les tenues destinées aux Forces de défense et de sécurité et aux Volontaires pour la défense de la Patrie, mais également des vêtements pour le marché civil.
Selon les autorités ce complexe est doté d’une capacité initiale de transformation de plus de 12 tonnes de coton fibre par jour et intègre plusieurs maillons de la chaîne textile, notamment le tissage, le tricotage, la finition‑teinture et la confection. « Par an, ce sont 20 millions de mètres de tissus qui sont attendus, 6 millions de mailles, 6 millions de tenues, 6 millions de tee‑shirts, 1 million de chaussettes », peut‑on lire dans un communiqué publié sur le site du gouvernement.
Un tissu industriel qui se consolide
TEXFORCES‑BF s’inscrit dans une volonté plus large de développer les capacités de transformation du coton au Burkina Faso et de stimuler la production locale de produits textiles. Cette orientation se traduit par la multiplication de projets et d’initiatives destinés à renforcer les infrastructures de transformation locale de cette matière première depuis quelques années.
En novembre 2025, le gouvernement a par exemple inauguré à Bobo‑Dioulasso le Centre national d’appui à la transformation artisanale du coton (CNATAC). D’un coût total de 1,5 milliard de francs CFA, le centre dispose d’équipements pour le tissage, la teinture et la couture et doit contribuer à renforcer les capacités des acteurs de la transformation artisanale.
Le secteur devrait aussi bénéficier de l’arrivée de nouveaux investissements privés. Un peu plus tôt, en juillet 2025, la Caisse des Dépôts et d’Investissements du Burkina Faso (CDI‑BF) et le groupe kényan Basra Textile Mills ont signé un protocole d’accord pour l’implantation d’une unité textile intégrée dans le pays. Le projet, dont l’investissement envisagé est d’environ 25 millions $, pourrait être réalisé dans le cadre d’un partenariat public‑privé.
Cette multiplication des capacités intervient alors que le gouvernement cherche parallèlement à accroître la disponibilité de coton. Pour la campagne 2026/2027, les autorités visent une production de 532 000 tonnes de coton graine, soit une hausse de près de 69 % par rapport à la campagne précédente.
Réduire la dépendance aux importations
L’enjeu pour le Burkina Faso sera désormais de faire fonctionner ces capacités de transformation opérationnelles à une échelle suffisante pour réduire progressivement le recours aux produits textiles importés.
Selon les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), le pays a importé en moyenne près de 38 946 tonnes de vêtements et accessoires de vêtements par an entre 2019 et 2023. La facture associée à ces achats s’est élevée à environ 18,65 milliards de francs CFA par an sur la même période.
Ces importations constituent à la fois un défi pour l’industrie locale et un débouché potentiel pour les nouvelles capacités de production. En développant le tissage, la teinture et la confection, Ouagadougou cherche ainsi à faire évoluer la filière d’un modèle centré sur la production de coton vers une chaîne générant davantage de valeur ajoutée localement.






























