Lomé réunit les acteurs du transport aérien de la CEDEAO pour réduire les coûts des billets d’avion

Il s’est ouvert à l’Hôtel 2 Février de Lomé, jeudi 2 juillet 2026, la première réunion du Comité de Supervision Économique du Transport Aérien de la CEDEAO (ECATEOC), réunissant directeurs généraux d’aviation civile, responsables d’aéroports, représentants de compagnies aériennes et fournisseurs de services de navigation de l’espace communautaire. La rencontre de deux jours a été ouverte par le ministre togolais des Transports, du Désenclavement et des Pistes Rurales, Komlan Kadjé.

« Le transport aérien ouest-africain est aujourd’hui à la croisée des chemins. Il peut demeurer un service coûteux, réservé à quelques-uns, ou devenir le levier d’intégration, de commerce et de mobilité que nos peuples attendent. », a notamment relevé le ministre, lors de la cérémonie d’ouverture.

Un diagnostic sévère sur la cherté du ciel ouest-africain

Le cadre de cette réunion est posé depuis décembre 2024 : lors de leur 66e session ordinaire à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO avaient adopté une mesure visant à réduire le coût des billets d’avion dans toute la région, en abolissant certaines taxes sur le transport aérien et en réduisant de 25 % les redevances passagers et de sécurité, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2026.

Le constat qui a motivé cette décision est que les passagers de la sous-région peuvent s’acquitter de 66 charges distinctes, et les compagnies aériennes, de plus de 100 frais pour opérer un vol. 

Selon les données citées par le ministre Kadje lors de la cérémonie d’ouverture, et reprises lors des travaux de l’AFRAA, les taxes, redevances et charges au départ d’un vol international s’élèvent en moyenne à 92 dollars dans la région, contre 66 dollars pour la moyenne africaine et environ 32 dollars au Moyen-Orient ou en Europe. Un passager ouest-africain paie donc, à service égal, près de trois fois ce que paie un voyageur européen.

Quatre taxes supprimées, deux redevances réduites

L’acte additionnel adopté à Abuja prévoit la suppression de quatre prélèvements jugés sans lien direct avec le développement du secteur : la taxe sur les billets, la taxe dite de solidarité, la taxe sur le tourisme et la taxe sur les voyages à l’étranger. Il fixe également une réduction d’au moins 25 % de la redevance passager et de la redevance de sûreté. 

Selon les experts parlementaires de la CEDEAO, l’application stricte de cet acte pourrait entraîner une baisse des prix des billets d’environ 40 % et stimuler la demande de 20 à 30 %.

La vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, la Togolaise Damtien Tchintchibidja, a rappelé dans son discours que ces simulations conditionnaient l’ambition de la réforme : rendre le transport aérien compétitif, attirer des opérateurs low-cost dans l’espace régional et augmenter significativement le trafic passagers.

Un comité pour suivre la mise en œuvre

L’ECATEOC est précisément l’instrument créé pour éviter que la décision des chefs d’État ne reste sans effet. Chris Appiah, directeur du Transport à la Commission de la CEDEAO, a précisé lors de la réunion que les États membres présentaient des niveaux d’avancement hétérogènes, certains ayant déjà engagé des réformes, d’autres pas encore. 

Un calendrier différencié sera arrêté, avec une obligation de rapport aux chefs d’État à la fin juillet 2026, puis en décembre. La CEDEAO a mis en place un mécanisme régional de surveillance chargé de vérifier que les baisses de redevances se traduisent par une réduction tarifaire pour les passagers, et non par une amélioration des marges des compagnies.

 

Le ministre Kadje a reconnu publiquement que ces réformes n’étaient pas sans coût pour les États : « Ces décisions ne sont pas indolores. Plusieurs de nos États, le Togo parmi eux, perçoivent certaines de ces taxes et y voient une source de recettes…», a-t-il relevé. Tout en ajoutant «…mais l’expérience nous enseigne une vérité simple : un secteur surtaxé est un secteur qui se rétrécit, et un secteur qui se rétrécit ne rapporte plus rien. » 

Le responsable a plaidé pour un accompagnement des partenaires financiers durant la période de transition. 

Le Togo, pour sa part, a positionné Lomé comme hub régional et s’est engagé à être au rendez-vous de la mise en œuvre ; ceci, alors même que Faure Gnassingbé, Président du Conseil du Togo, a été désigné champion du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA) par l’Union africaine depuis 2018.

 

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