Producteur de pétrole depuis 2011, le Niger entend désormais maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur de son secteur des hydrocarbures. Une stratégie qui s’est traduite récemment par la renégociation des accords avec ses partenaires étrangers.
Le Niger se dote d’un nouvel outil pour gérer ses infrastructures pétrolières. Lors du Conseil des ministres du lundi 18 mai, le gouvernement a adopté un décret portant création de la Société Nigérienne des Pipelines Intérieurs (SNPI). Cette nouvelle entreprise publique sera chargée de gérer le transport des hydrocarbures par canalisations sur l’ensemble du territoire national.
Concrètement, la SNPI est créée sous la forme d’une société anonyme à capital intégralement détenu par l’État. Elle aura pour mission la gestion, l’exploitation, la maintenance et la sécurité de tout réseau de transport d’hydrocarbures par canalisations. Elle pilotera également les études de conception, la construction, la modernisation et l’extension des futurs réseaux, précise le communiqué officiel du gouvernement.
Un cadre pour accueillir le pipeline Agadem-Zinder
La création de la SNPI s’inscrit dans le cadre du retour du pipeline Agadem-Zinder dans le patrimoine de l’État nigérien. Long d’environ 462,5 kilomètres, cet ouvrage relie le champ pétrolier d’Agadem, dans la région de Diffa, à la raffinerie de Zinder (SORAZ) opérationnelle depuis novembre 2011, alimentant ainsi le marché intérieur en produits raffinés.
Ce pipeline était jusqu’ici exploité dans le cadre d’un contrat de partage de production (PSC) avec la China National Petroleum Corporation Niger Petroleum (CNPCNP), filiale nigérienne du géant chinois. Son retour dans le giron de l’État s’effectue via le mécanisme dit du « cost oil », qui prévoit qu’une fois les investissements de l’opérateur amortis, l’infrastructure revient à l’État, explique Africa Presse.
Ce transfert a été acté le même jour que la création de la SNPI. Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré et le directeur général de la CNPCNP Zhang Yu ont signé un protocole de partenariat pétrolier dans ce sens, rapporte Le Sahel. Au-delà du transfert du pipeline, le texte engage les deux parties à restructurer leurs dettes mutuelles dans un délai de six mois.
Ce protocole résulte de plus d’un an de négociations engagées après les tensions de mars 2025 entre Niamey et Pékin. Plusieurs cadres chinois avaient été expulsés du pays, et le gouvernement nigérien avait poussé pour des règles plus strictes en matière de contenu local. Un comité de négociation avait ensuite été institué par décret du président Abdourahamane Tiani fin juillet 2025.






























