Longtemps caractérisé par un déficit de capacités, le système portuaire béninois cherche à se repositionner dans la compétition logistique ouest-africaine. La transformation engagée à Cotonou s’inscrit dans cette dynamique de renforcement sous-régional.
Engagé depuis 2021, le programme de modernisation du Port de Cotonou affiche des avancées notables, au regard des informations figurant sur le site web de l’autorité portuaire. Evalué à plus de 500 milliards FCFA (environ 885,7 millions USD), ce vaste chantier structuré autour de 12 projets majeurs voit déjà l’achèvement de certaines infrastructures, tandis que d’autres approchent de leur phase de finalisation.
Accroître les capacités
Certains des chantiers visent à renforcer les capacités d’accueil, de traitement et d’exploitation de la plateforme, avec pour objectif d’accueillir davantage de navires, de fluidifier les opérations et de diversifier les activités portuaires. Ce volet comprend notamment la construction du Terminal 5, dédié aux marchandises en vrac, ainsi que l’extension du bassin portuaire et la rénovation des quais nord, afin de recevoir des navires d’un tirant d’eau supérieur à 15 mètres. Ces deux projets affichent des taux d’exécution respectifs de 72 % et 85 %.
Le volet inclut également la construction d’un deuxième poste hydrocarbures, ainsi que l’aménagement d’une zone de services nautiques destinée aux forces navales, à la vigie, aux remorqueurs et au chantier naval. Les travaux physiques de ces deux infrastructures n’ont toutefois pas encore démarré.
Fluidifier le trafic et les échanges
Un autre volet regroupe des projets destinés à améliorer la circulation des marchandises et des camions autour de la plateforme, dans un contexte marqué par la congestion croissante de la ville de Cotonou. Dans ce cadre, la construction du parking tampon de Zongo, conçu pour fluidifier le trafic dans la zone portuaire, affiche un taux global d’exécution de 72%.
Le bâtiment d’accueil des conducteurs rattaché à cette infrastructure est, quant à lui, réalisé à 55 %. La plateforme logistique du Grand Nokoué progresse à hauteur de 26 %, tandis que le chantier de la future zone logistique n’a pas encore été lancé.
Diversifier les activités économiques
Au-delà du transport maritime, les autorités béninoises ambitionnent de faire émerger autour du port un écosystème intégré associant services maritimes, pêche, activités tertiaires et économie bleue.
Dans cette perspective, un centre des affaires maritimes destiné à regrouper les principaux acteurs de la communauté portuaire est en cours de construction, avec un taux d’exécution estimé à 44 %. En revanche, le chantier du nouveau port de pêche, destiné aux activités artisanales et semi-industrielles, n’a pas encore démarré.
Le chantier du Centre des affaires maritimes de Cotonou
Aménagements urbains et ouvrages de sécurisation
Le programme de modernisation du système portuaire béninois s’accompagne également d’une reconfiguration des espaces urbains périphériques, ainsi que du renforcement des dispositifs de sécurité des installations. Selon les informations publiées par l’autorité portuaire, les phases 1 et 2 des travaux de rénovation et de construction de la clôture du port sont achevées à 100 %. Il en est de même pour le bâtiment commercial et de restauration destiné au relogement des revendeuses opérant dans l’enceinte portuaire.
Globalement, les nouvelles infrastructures devraient consolider les réformes engagées ces dernières années, notamment la digitalisation des procédures portuaires. Les autorités estiment que l’achèvement du programme permettra de réduire le temps de séjour des navires en rade et de porter la capacité annuelle de la plateforme à plus de 20 millions de tonnes, contre environ 12 millions de tonnes en 2025. L’objectif est également de renforcer sa compétitivité face à la concurrence croissante des ports voisins comme ceux de Lomé (Togo), de Tema (Ghana) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Ceux-ci ont aussi engagé des travaux similaires.
La concrétisation de ces ambitions dépendra entre autre de la mobilisation des financements. Le port de Cotonou devra également maintenir le rythme des réformes opérationnelles, afin de préserver son attractivité dans un environnement sous-régional marqué par une concurrence de plus en plus intense entre hubs portuaires.






























