L’offshore profond gabonais suscite un intérêt croissant auprès des compagnies pétrolières internationales. Pour explorer ces zones, encore peu documentées, l’accès à des données géologiques et sismiques précises constitue toutefois un préalable.
Alors que plusieurs majors s’intéressent au potentiel en hydrocarbures de son offshore profond, le Gabon prépare le terrain. Le pays a en effet recruté le fournisseur norvégien de données sismiques TGS auquel il a confié la gestion et la valorisation de ses données géophysiques dans cette zone pour les dix prochaines années.
L’entente entre les deux parties a fait objet d’un contrat signé en marge de la conférence World Energies Summit qui s’est tenue au Royaume-Uni les 29 et 30 septembre dernier. D’après TGS, ce développement prolonge plus de vingt ans de collaboration avec le gouvernement gabonais.
TGS précise que l’accord couvre toutes les étapes de la vie des données offshores. Il prévoit la vente des données existantes, leur analyse avec des outils récents et, éventuellement, de nouvelles prises d’images du sous-sol marin. Ces images obtenues grâce à des ondes sonores, aident les compagnies à évaluer une zone avant d’y forer.
Selon l’entreprise qui affirme détenir des droits exclusifs sur la majeure partie de la zone en eaux profondes du Gabon, l’accord doit ainsi permettre aux opérateurs d’identifier les données disponibles et comment y accéder.
Des protocoles qui n’engagent pas encore les majors
L’engouement des multinationales pour l’offshore gabonais constitue un autre élément de cette stratégie. En octobre 2025, le groupe américain ExxonMobil et la multinationale britannique BP ont signé respectivement des protocoles d’accord avec le Gabon pour explorer le potentiel en hydrocarbures des eaux profondes du pays.
Lors du forum Invest in African Energy, tenu les 22 et 23 avril derniers à Paris, le ministre du Pétrole, Clotaire Kondja, a indiqué que le Gabon s’attendait à signer avec ces compagnies pétrolières internationales des contrats de partage de production (PSC) dans un délai de quatre à six mois. Au 5 octobre, aucune annonce publique de signature desdits contrats n’a été signalée.
L’intérêt des majors pour l’offshore gabonais ne se limite toutefois pas à ExxonMobil et BP. En juin, l’anglo-néerlandais Shell a signé un protocole d’accord portant sur la recherche, l’évaluation et l’analyse technique de plusieurs blocs en eaux profondes et ultra-profondes, d’après le gouvernement gabonais.
Dans un contexte où plusieurs gisements producteurs enregistrent un déclin naturel, les autorités souhaitent stabiliser la production pétrolière au-dessus de 220 000 b/j à moyen terme, a rapporté l’African Energy Chamber (AEC) en octobre 2025. D’après l’OPEP, cette production s’est établie à environ 210 000 b/j en mars 2026, contre plus de 220 000 b/j début 2025. Les informations publiées ne précisent ni le montant de l’accord avec TGS.






























