Alors que le fret aérien mondial aborde la haute saison de fin d’année sur des bases positives, le marché africain reste confronté à un environnement contrasté. La progression de l’offre sur le continent est gênée par un ralentissement persistant des échanges avec l’Asie, appelant à surveiller l’équilibre entre capacités disponibles et volumes transportés.
En août 2026, la demande de fret aérien en Afrique a progressé de 3 % sur un an, tandis que la capacité offerte par les transporteurs a augmenté de 14 %, selon les données de l’Association internationale du transport aérien (IATA). Cette évolution marque un léger redressement après le ralentissement observé en juillet, lorsque les volumes n’avaient progressé que de 1,1 %.
La tendance reste toutefois nettement en retrait par rapport aux niveaux enregistrés au printemps. En mai, la demande avait bondi de 13,3 % sur un an, avant de ralentir à 4,7 % en juin. Surtout, les flux sur la liaison Afrique – Asie, l’un des principaux moteurs du fret aérien sur le continent, poursuivent leur repli. Ils ont diminué de 11,9 % en août, soit leur troisième mois consécutif de contraction.
À l’échelle mondiale, la progression de la demande demeure plus soutenue, avec une hausse de 4,4 % en août par rapport au même mois de 2025. L’Amérique du Nord affiche la plus forte croissance, à 6,6 %, devant l’Amérique latine et les Caraïbes (+5,1 %), l’Asie-Pacifique (+4,3 %), l’Europe (+4,1 %) et le Moyen-Orient (+1 %). À l’inverse de l’Afrique, où la capacité a fortement progressé, l’offre mondiale a légèrement diminué de 0,1 % sur la période.
Selon l’IATA, la croissance du fret aérien mondial a notamment bénéficié de la progression de 6 % du commerce mondial, ainsi que de l’amélioration de l’activité manufacturière en août. La hausse de la demande et des taux de remplissage a également permis aux compagnies aériennes de compenser une partie de la pression liée au niveau élevé des coûts du carburant.
« La hausse de la demande et des taux de charge plus élevés ont permis aux compagnies aériennes de récupérer une partie des coûts exceptionnellement élevés du carburant. Les rendements ont augmenté d’un mois à l’autre pour la première fois depuis avril, tandis que la croissance mondiale du commerce des biens se poursuit. Les deux sont des signes positifs à l’approche de la haute saison de fin d’année », a déclaré Marie Owens Thomsen, vice-présidente principale chargée du développement durable et économiste en chef de l’IATA.
Cette évolution intervient alors que le fret aérien mondial avait enregistré une croissance de 3,4 % en 2025 par rapport à 2024, tandis que les transporteurs africains avaient affiché une progression de 6 %. Pour 2026, l’IATA table toutefois sur un ralentissement de la croissance du marché mondial, avec une progression attendue de 2,4 %.






























