Face à la crise des diamants, moteur de son économie, le Botswana entend valoriser son potentiel en uranium. Si le pays a attiré le français Orano depuis peu, un autre est déjà bien implanté et cherche à valider le potentiel économique de son principal actif.
Lotus Resources a annoncé mercredi 29 avril le succès de la première phase d’un programme de forage à Letlhakane, son projet d’uranium au Botswana. Ces travaux préalables indispensables à une mise à jour des ressources minérales, interviennent alors qu’Orano, le spécialiste français de l’uranium, a récemment posé ses valises dans le pays pour soutenir les ambitions de Gaborone dans ce secteur.
Le Botswana cherche en effet à élargir sa base minière au-delà des diamants qui dominent encore son secteur extractif. L’uranium représente l’un des axes de cette diversification, le pays disposant de réserves évaluées à 800 000 tonnes. Lotus Resources s’y positionne comme le principal acteur de cette stratégie, avec un gisement de Letlhakane qui contient 113,7 millions de livres d’uranium, dont la moitié classée dans la catégorie indiquée.
Le programme de forage de 10 000 mètres en cours, vise à faire passer davantage de ressources de la catégorie inférée (la moins fiable en matière d’estimation du potentiel minéral) à la catégorie indiquée. Sur la base de la mise à jour de ressources minérales attendue dans la seconde moitié de l’année 2026, Lotus prévoit d’engager une étude préliminaire de faisabilité au premier semestre 2027. La compagnie mène en parallèle des travaux pour simplifier son procédé de traitement et optimiser son approche minière, afin d’améliorer l’économie du projet.
Orano, de son côté, a obtenu ses permis au Botswana et a inscrit le pays dans ses objectifs d’exploration pour 2026. Sa présence répond en partie à une invitation de Gaborone, soucieux d’attirer des investisseurs étrangers dans son secteur minier. Le président Duma Boko a lui-même évoqué le sujet lors de sa visite début avril à Paris, en soulignant auprès d’Emmanuel Macron l’intérêt pour les compagnies françaises d’investir au Botswana. Orano n’a cependant pas détaillé de calendrier de ses activités dans le pays ni le budget qui y est alloué.
Si le groupe français n’est pas près de produire de l’uranium au Botswana, Lotus aussi en est encore relativement loin. La compagnie exploite déjà la mine de Kayelekera au Malawi, qui doit atteindre sa capacité nominale de 2,4 millions de livres par an dans les prochains mois. À Letlhakane, Lotus devra encore prouver la viabilité économique d’une mine à travers des travaux plus poussés. À l’échelle d’un marché mondial où la demande d’uranium progresse, le Botswana apparaît ainsi davantage comme une source d’approvisionnement à long terme.






























