La Banque centrale du Nigeria durcit les règles pour les opérateurs de transfert d’argent. Ces sociétés, qui acheminent des milliards de dollars envoyés par la diaspora, devront ouvrir des comptes bancaires dédiés au Nigeria. La mesure entre en vigueur le 1er mai.
C’est une décision qui concerne directement les millions de Nigérians établis à l’étranger et leurs familles restées au pays. La Banque centrale du Nigeria, la CBN, a publié mardi 24 mars une circulaire imposant à tous les opérateurs internationaux de transfert d’argent — Western Union, MoneyGram et leurs concurrents — d’ouvrir des comptes de règlement en naira auprès de banques officiellement agréées sur le territoire nigérian.
Concrètement, cela signifie que chaque somme envoyée depuis Londres, New York ou Dubaï devra obligatoirement transiter par ces comptes avant d’être versée au bénéficiaire final. Jusqu’ici, une partie de ces flux échappait à la visibilité des autorités monétaires, alimentant un marché parallèle des changes qu’elles cherchent à assécher depuis plusieurs années.
Transparence et lutte contre les flux illicites
La CBN est claire sur ses intentions : il s’agit de renforcer « la traçabilité et la surveillance effective de toutes les transactions », selon les termes de la circulaire signée par le directeur du département du commerce et des changes, Dr Musa Nakorji.
Pour aller plus loin sur la question des prix, la Banque centrale impose également aux opérateurs de se référer au système Bloomberg BMatch, une plateforme professionnelle de cotation des devises, pour fixer leurs taux de change. L’objectif affiché est de réduire les écarts de prix entre opérateurs et banques, et d’inciter les uns et les autres à traiter davantage sur le marché officiel.
Les opérateurs devront par ailleurs respecter scrupuleusement les règles de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et tenir leurs registres de transactions à la disposition des contrôleurs de la banque centrale.
Un enjeu crucial pour l’économie nigériane
Les envois de fonds de la diaspora représentent une bouée d’oxygène pour l’économie nigériane. Selon la Banque mondiale, le Nigeria est l’un des premiers récipiendaires de remises de fonds en Afrique subsaharienne, avec plusieurs milliards de dollars reçus chaque année.
Mais une proportion significative de ces flux passe encore par des canaux informels, privant le marché officiel de précieuses réserves en devises. Le naira, qui a perdu une grande partie de sa valeur ces dernières années, reste sous pression. En canalisant ces transferts vers le système bancaire formel, la CBN espère améliorer la liquidité en dollars et stabiliser sa monnaie. Les opérateurs ont jusqu’au 1er mai pour se conformer à ces nouvelles exigences.






























