Marché des titres publics : les États de l’UEMOA cherchent 23,2 milliards $ en 2026

Après une année 2025 record, les États de l’UEMOA visent 12 700 milliards FCFA en 2026 sur le marché des titres publics, portés par des besoins budgétaires élevés et un marché régional devenu central dans le financement budgétaire.

Le marché régional des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’apprête à franchir un nouveau palier, après une année historique en 2025. Les États membres de l’Union ambitionnent de mobiliser environ 12 700 milliards de francs CFA (23,20 milliards de dollars) par adjudication en 2026, selon les projections présentées par la directrice générale d’UMOA-Titres, Oulimata Ndiaye Diassé (photo), le mardi 27 janvier dernier, dans un contexte de besoins de financement toujours élevés.

Une dynamique de financement en forte accélération

En 2025, les émissions de titres publics ont atteint près de 11 900 milliards FCFA, un niveau inédit, contre 8127 milliards en 2024 et 7194 milliards en 2023. Cette progression confirme le rôle central du marché régional dans le financement budgétaire des États, alors que l’accès aux financements extérieurs est devenu plus contraint pour nombre des États membres.

L’année écoulée a été marquée non seulement par la hausse des volumes, mais aussi par une évolution progressive de la structure du marché. La durée de vie moyenne des titres émis s’est établie autour de 2,1 ans, contre un peu plus de 2 ans un an auparavant. La part des maturités moyennes et longues a, de son côté, approché 50 % des volumes, conséquence de  la volonté des États de réduire leur exposition au risque de refinancement, tout en restant attentifs aux exigences de liquidité des investisseurs.

Le marché a également continué de différencier les signatures souveraines, avec des conditions de financement variables selon les pays. Les États bénéficiant de fondamentaux jugés plus solides ont conservé des coûts plus modérés, tandis que d’autres ont dû offrir des rendements plus élevés, notamment sur les maturités courtes et intermédiaires.

Un marché plus actif, mais encore concentré

Autre évolution notable en 2025 : le net rebond du marché secondaire. Après un repli marqué en 2023, les volumes échangés ont atteint plus de 5400 milliards FCFA, un record. Le taux de rotation est revenu à des niveaux proches de ceux observés avant le resserrement monétaire, signe d’un regain d’arbitrage et d’activité. Cette liquidité reste toutefois concentrée sur les maturités courtes et intermédiaires, les titres de long terme étant encore peu échangés.

Le marché demeure par ailleurs largement porté par les investisseurs domestiques, notamment les banques, les compagnies d’assurance et les investisseurs institutionnels régionaux. Selon les acteurs du secteur, l’élargissement de la base d’investisseurs et la mobilisation accrue de l’épargne longue constituent désormais un enjeu central pour soutenir la poursuite de la croissance des émissions.

Dans cette perspective, les institutions régionales, dont la BCEAO et UMOA-Titres, mettent en avant la nécessité de renforcer la transparence, la discipline de marché et le fonctionnement du marché secondaire. Des conditions jugées déterminantes pour accompagner l’objectif de 12 700 milliards FCFA visé par les États de l’UEMOA en 2026, après une année 2025 déjà record.

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