Le Tchad cherche à mieux structurer la gestion de son secteur pétrolier afin d’en améliorer la contribution économique. Début novembre, l’État a adopté un nouveau plan stratégique pour la période 2025-2030, qui cible notamment l’augmentation de la production de brut.
Le Tchad a sollicité l’expertise de l’Algérie dans les secteurs des hydrocarbures et des mines. Cette demande a été formulée officiellement lors de la visite, du lundi 15 au jeudi 18 décembre 2025, de la ministre tchadienne du Pétrole, des Mines et de la Géologie, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, reçue par son homologue algérien, Mohamed Arkab.
Le transfert de compétences techniques, notamment en matière de cartographie géologique, d’exploration, de gestion des ressources minières, ainsi que l’accompagnement institutionnel et l’encadrement du secteur des hydrocarbures, étaient au cœur des échanges entre les deux ministres. Cependant, aucune annonce d’investissement ni de projet industriel conjoint n’a été officialisée à ce stade.
Producteur de pétrole depuis le début des années 2000, le Tchad, dont la production d’huile plafonnait autour de 120 000 barils par jour en 2023, selon les données de la Banque mondiale, fait face à une faible intégration structurelle de son secteur des hydrocarbures, qui reste dépendant de compétences extérieures pour l’exploration, la régulation et la planification.
Dans ce contexte, le renforcement des capacités techniques constitue un enjeu central pour améliorer la gouvernance du secteur extractif, notamment des hydrocarbures. Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, le secteur extractif tchadien a représenté plus de 80 % des exportations et environ 40 % des recettes publiques en 2022, des données issues du rapport ITIE Tchad 2022 finalisé le 16 juin 2025.
L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives souligne la nécessité de renforcer les capacités de supervision, notamment de la Société des Hydrocarbures du Tchad, afin d’améliorer la traçabilité des flux financiers et la gestion des revenus, dans un contexte de pression budgétaire persistante.
Ce développement s’inscrit dans une dynamique de coopération énergétique que l’Algérie déploie depuis plusieurs mois avec des pays africains, centrée sur le partage d’expertise dans les hydrocarbures. Il intervient alors que, côté tchadien, la question de la valorisation du gaz naturel associé revient progressivement dans le débat énergétique national, parallèlement à l’ambition affichée d’atteindre 250 000 barils par jour d’or noir d’ici 2030.
Début décembre, Agence Ecofin a notamment rapporté la mise en service par l’opérateur Perenco d’une unité permettant d’utiliser une partie du gaz associé du champ pétrolier de Badila pour produire de l’électricité à Moundou, deuxième ville du pays. Une initiative ponctuelle qui met en lumière les contraintes structurelles persistantes, notamment l’absence d’un réseau national de collecte et de traitement du gaz.





























