Gambie–Sénégal : vers une mobilité étudiante renforcée grâce à la coopération

Alors que l’enseignement supérieur ouest-africain reste marqué par de fortes inégalités d’accès et des capacités d’accueil limitées, une coopération entre le Sénégal et la Gambie cherche à structurer la mobilité étudiante comme levier de formation et d’employabilité régionales.

À Dakar, le Sénégal et la Gambie ont formalisé la semaine passée un plan d’action quinquennal couvrant la période 2025‑2030 afin d’approfondir leur collaboration dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation. Selon le ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, l’accord vise à organiser les échanges académiques entre les deux pays et à renforcer l’intégration de leurs systèmes universitaires.

Le dispositif repose sur une gouvernance conjointe. Un comité technique bilatéral doit être installé dans un délai de trois mois afin de suivre la mise en œuvre du programme, avec une évaluation intermédiaire programmée en 2028, selon le communiqué officiel. Les échanges d’étudiants et d’enseignants entre établissements des deux pays doivent s’intensifier, tandis que les centres d’excellence gambiens seront associés aux instituts supérieurs d’enseignement professionnel sénégalais pour renforcer les curricula, la formation du personnel et les équipements pédagogiques. Le partenariat prévoit également un partage d’expériences en matière d’accréditation et d’assurance qualité.

Cette coopération s’inscrit dans un mouvement plus large de promotion de la mobilité académique en Afrique. Des réseaux universitaires, dont l’Agence universitaire de la Francophonie, soulignent régulièrement que les échanges interuniversitaires contribuent à améliorer l’insertion professionnelle et la production scientifique sur le continent.

L’initiative veut répondre à des contraintes structurelles persistantes dans les deux pays. Selon les données disponibles, l’Université de Gambie concentre l’essentiel de la demande nationale de scolarisation dans l’enseignement supérieur. Cependant, elle est encore confrontée à des besoins en équipements scientifiques et en ressources humaines qualifiées.

De son côté, le Sénégal dispose d’un système universitaire plus dense et s’est engagé dans plusieurs réformes pour absorber une demande croissante, notamment à travers le renforcement des formations professionnelles et le recrutement annoncé de nouveaux enseignants‑chercheurs.

 

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