En Afrique, l’utilisation d’engrais est identifiée depuis plusieurs années comme un impératif pour accroître la productivité des sols. Alors que la majorité des pays du continent dépend largement des importations, leur approvisionnement reste vulnérable aux tensions sur le marché international.
La Côte d’Ivoire envisage à nouveau l’exonération totale de la TVA sur les engrais. C’est ce qui ressort d’un communiqué du ministère de l’Agriculture publié le lundi 23 mars.
L’annonce a été faite en marge d’une rencontre de concertation entre les ministres de l’Agriculture de la CEDEAO et de l’UEMOA, visant à définir une réponse coordonnée face à la hausse des coûts de l’énergie et à la baisse de l’offre d’engrais, qui fragilisent les systèmes agricoles en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Il faut noter qu’Abidjan a introduit une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 9 %, en vigueur depuis le 17 janvier dernier, sur les intrants concourant à la fabrication d’engrais et les emballages servant à leur conditionnement, dans le cadre de la réforme fiscale prévue par la loi de finances pour l’exercice 2026. Alors que cette mesure était déjà susceptible de renchérir le coût d’approvisionnement en engrais sur le marché intérieur, ses effets pourraient être accentués dans le contexte actuel de tensions sur le marché international, liées à la crise géopolitique au Moyen-Orient.
« À ce jour, des discussions se poursuivent avec les administrations compétentes, dans la perspective d’un retour à une exonération totale de la TVA sur les engrais, afin d’en faciliter l’accès au maximum pour nos producteurs », a déclaré Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture.
Depuis fin février 2026, l’escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran a entraîné en effet de fortes perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial des engrais. D’après la CNUCED, environ un tiers du transport maritime mondial de fertilisants (soit près de 16 millions de tonnes) passe par ce détroit.
Comme dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire ne dispose pas de production primaire d’engrais minéraux. Les intrants sont importés en vrac puis transformés localement en engrais composés NPK par des unités de mélange, ce qui rend le pays fortement dépendant des importations et plus vulnérable aux fluctuations des prix internationaux.
Les données compilées par la Direction générale des douanes montrent que la nation éburnéenne a importé en moyenne 496 426 tonnes d’engrais par an entre 2020 et 2024. Sur la période considérée, la facture associée à ces achats s’élevait à 145,7 milliards de francs CFA (257,6 millions $) en moyenne par an.






























