Bénin – Togo : la modernisation de l’axe Godomey – Hillacondji, nouvelle étape vers une meilleure interconnexion régionale

La modernisation de la route Godomey – Ouidah – Hillacondji s’inscrit dans une politique stratégique : celle d’une interconnexion Bénin–Togo de plus en plus structurée. Ce plan est présenté comme un levier stratégique d’intégration régionale et de compétitivité logistique.

L’approbation le week-end dernier par la Banque islamique de développement (BID), d’un financement de 306,89 millions d’euros au profit du Bénin pour le dédoublement et la modernisation de la route Godomey – Ouidah – Hillacondji, s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de la poursuite de l’amélioration de l’interconnexion routière avec le Togo.

Cet axe, qui relie l’agglomération de Cotonou à la frontière togolaise, constitue l’un des segments les plus sensibles du corridor Cotonou – Lomé, lui-même intégré au corridor Abidjan – Lagos, considéré comme l’épine dorsale des échanges en Afrique de l’Ouest. À terme, ce corridor de 1028 km doit structurer les flux commerciaux entre cinq économies majeures de la région : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.

Une interconnexion pensée par étapes

La modernisation de l’axe Godomey – Hillacondji ne constitue pas un projet isolé. Elle prolonge une série d’investissements coordonnés entre partenaires techniques et financiers, dont la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), et l’Union économique et monétaire ouest‑africaine (UEMOA) visant à lever progressivement les goulets d’étranglement sur la frontière bénino-togolaise.

Selon la BAD, la phase I du programme avait permis l’aménagement de la section Pahou – Ouidah – Hillacondji, ainsi que la construction d’un poste de contrôle juxtaposé (PCJ) à la frontière entre les deux pays. La phase II, conduite côté togolais, portait sur la mise à niveau de la section Avépozo – Aného (30 km) en 2 × 2 voies, renforçant la continuité de l’infrastructure de part et d’autre de la frontière.

Le nouveau financement de la BID apparaît ainsi comme une étape supplémentaire dans l’achèvement fonctionnel du corridor, avec pour objectif d’aligner les standards routiers et d’améliorer la fluidité des échanges transfrontaliers.

Frontière Bénin – Togo : des gains déjà mesurables

Les effets de cette approche intégrée commencent déjà à se faire sentir. Réceptionnés en 2021, les postes de contrôle juxtaposés ont permis, selon la BAD, de réduire significativement le temps de passage des camions de marchandises, passé de 24 heures à 13 heures et 50 minutes.

Si ce gain reste encore en deçà des standards internationaux, il traduit néanmoins une rupture avec les pratiques antérieures, marquées par la multiplicité des contrôles, la congestion et les délais logistiques élevés. L’amélioration des infrastructures routières, combinée à la rationalisation des procédures frontalières, renforce progressivement la compétitivité du corridor.

À moyen terme, la poursuite des investissements sur ce corridor pose la question de la résilience des infrastructures, notamment face à la croissance du trafic, à la pression urbaine et aux exigences de sécurité routière. Elle appelle également à une meilleure coordination entre les politiques de transport, de douane et de sécurité des deux pays.

 

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