Au Gabon, le secteur extractif constitue un pilier de l’économie nationale, représentant 91,2 % des recettes d’exportation et 22,6 % du PIB. Mais cette contribution reste dominée par les hydrocarbures, tandis que le secteur minier demeure principalement concentré sur le manganèse et l’or.
La compagnie minière canadienne Millennial Potash Corp poursuit ses initiatives pour faire progresser son projet de potasse Banio vers la construction au Gabon. De récentes informations attribuées, lundi 5 octobre, à son directeur général Farhad Abasow annoncent une mise en production prévue pour 2029. De quoi inscrire davantage le projet dans un agenda plus large de Libreville qui cherche également à renforcer sa présence dans la valorisation de minerais critiques en Afrique.
D’après le média spécialisé Mining.com, citant une interview du dirigeant, la décision d’investissement finale pour Banio devrait intervenir début 2027, après la publication d’une étude de faisabilité définitive prévue fin 2026. Cette perspective s’inscrit dans un contexte où la société entend aligner son développement sur les dynamiques d’approvisionnement américaines pour cette ressource, utilisée dans la fabrication des engrais et considérée depuis 2025 par Washington comme l’un des 60 minéraux critiques pour son économie et sa sécurité nationale.
Dans cette liste figurent également les terres rares et le niobium, deux ressources dont le gouvernement gabonais cherche à accélérer l’exploitation avec le projet Maboumine. Revenu dans le giron de l’État après plusieurs années sous le contrôle du groupe français Eramet, cet actif est piloté depuis 2024 par New Energy Metals, une société minière soutenue par des investisseurs émiratis. Celle-ci a signé en février dernier un protocole d’accord avec la compagnie publique indonésienne Perminas pour réaliser de nouvelles études de faisabilité sur le projet, afin de poser les bases vers un développement.
Des intérêts avant tout économiques
Pour les autorités gabonaises, ces développements répondent avant tout à une logique économique, au-delà du caractère critique attribué à ces ressources par les puissances étrangères. Il s’agit de mieux valoriser le potentiel géologique national et d’identifier de nouvelles opportunités de croissance parmi les « ressources stratégiques » recensées dans une feuille de route du secteur minier publiée en février dernier. Celle-ci cite notamment le niobium, les terres rares, l’uranium et le zinc, en complément du manganèse et de l’or. Si la potasse n’y figure pas ouvertement, Millennial Potash fait part d’une participation active des autorités dans les démarches visant à accélérer le développement de Banio.
Cette ambition s’inscrit dans un secteur extractif encore largement dominé par les hydrocarbures qui représentaient 81 % des revenus en 2023, contre 19 % pour un secteur minier encore limité à l’exploitation de l’or et du manganèse. Ouvrir la voie à l’exploitation de nouvelles ressources stratégiques pourrait ainsi contribuer à diversifier cette filière, qui représentait globalement 22,6 % du PIB national et 91,2 % des exportations la même année, selon l’ITIE-Gabon.
Le chemin reste toutefois encore long, compte tenu du stade de développement de ces projets. Ils devront encore franchir plusieurs étapes, de la définition d’un plan d’exploitation viable à la mobilisation des financements et à la finalisation des conditions commerciales liées à leurs futures opérations. Pour Libreville, l’enjeu sera donc d’accompagner ces transformations tout en veillant à ce qu’elles contribuent, à terme, aux objectifs économiques nationaux en matière de rente et d’emplois.






























