– Alors que le Bénin cherche à accélérer la modernisation de ses infrastructures, le pays élargit sa coopération avec l’AIIB, dont l’intervention pourrait renforcer les capacités de financement de projets structurants dans les prochaines années.
Le Bénin et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) ont conclu la semaine écoulée, un accord portant sur un pipeline pluriannuel indicatif de 730 millions USD pour la période 2027-2028. Si les projets qui pourraient bénéficier de cette enveloppe ne sont pas encore entièrement détaillés, le transport figure parmi les secteurs que Cotonou souhaite inscrire dans cette coopération.
Outre le transport, l’enveloppe doit couvrir plusieurs domaines, dont l’énergie, la sécurité alimentaire, la résilience économique et l’action climatique. Le gouvernement béninois indique également que 250 millions USD devraient être mobilisés à titre de financements fondés sur les politiques publiques, notamment pour accompagner la mise en œuvre du plan Vision Bénin 2060.
Avant la signature de cet accord, une délégation de l’AIIB conduite par sa présidente, Zou Jiayi (photo, à gauche, à côté du président béninois Romuald Wadagni), avait effectué une visite de travail dans le pays ouest-africain le 8 septembre dernier. La délégation s’était notamment rendue au port de Cotonou, où plusieurs projets d’extension et de modernisation sont actuellement en cours.
Cette visite pourrait constituer un point de référence pour les discussions à venir sur les infrastructures de transport susceptibles d’être inscrites dans la nouvelle programmation, même si aucun projet portuaire précis n’a pour l’instant été officiellement rattaché à l’enveloppe de 730 millions USD.
Le Grand Nokoué, première cible de l’AIIB au Bénin
Cette nouvelle programmation survient alors que l’AIIB a déjà engagé son premier financement au Bénin dans le secteur des transports. En décembre 2025, la banque a signé un accord de prêt de 200 millions USD en faveur du Projet de mobilité urbaine durable du Grand Nokoué (PMUD-GN). Le financement s’inscrit dans un programme représentant au total 500 millions USD, avec notamment un co-financement de l’Association internationale de développement (IDA) et des investissements attendus du secteur privé.
Le projet couvre les 5 communes du Grand Nokoué, principal pôle urbain du pays, et vise à améliorer la mobilité, la sécurité routière et l’accès à des services de transport collectif plus durables. Le programme combine plusieurs modes de transport. Il prévoit notamment le développement de services de transport collectif par bus et par voie fluvio-lagunaire, ainsi que des infrastructures routières destinées à améliorer les conditions de circulation dans le Grand Nokoué. Le transport lacustre doit notamment contribuer à développer une offre multimodale autour du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo.
Le volet routier comprend notamment des interventions sur les RNIE1 et RNIE2, les Accès et Traversées de Cotonou (ATC), ainsi que des équipements de gestion du trafic et des infrastructures connexes. Le projet doit également améliorer l’accessibilité du port de Cotonou, de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) et du Marché de gros d’Akassato.
L’autre composante du projet est notamment le développement de bus et de bateaux électriques, ainsi que le renouvellement progressif du parc de motos-taxis. L’AIIB présente cette opération comme un moyen de soutenir l’émergence d’une filière locale de mobilité électrique, en plus de réduire les émissions et les coûts d’exploitation liés aux transports.
Un portefeuille de projets à surveiller
La nouvelle programmation avec l’AIIB intervient parallèlement à une période durant laquelle le Bénin prévoit de poursuivre ses investissements dans les infrastructures de transport. Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, adopté par le gouvernement en juin 2026, inscrit la prochaine période budgétaire dans la poursuite de la transformation structurelle de l’économie et de la territorialisation du développement.
Le portefeuille public comprend en effet plusieurs besoins liés à la mobilité et aux infrastructures de transport, dans un contexte où le gouvernement entend poursuivre l’amélioration des connexions entre les pôles économiques du pays. Le PMUD-GN constitue déjà l’un des projets structurants de cette politique, avec des interventions combinant routes, transport collectif, mobilité fluvio-lagunaire et électromobilité.
L’enjeu des prochains mois sera désormais de transformer cette programmation financière en opérations suffisamment préparées pour être soumises à approbation. La définition des projets de transport, leurs montants et leur calendrier permettront alors de mesurer la place réelle que prendra ce secteur dans les 730 millions USD annoncés pour 2027-2028.






























