L’Afrique du Sud est le principal marché pour le blé importé en Afrique australe. Alors que la production locale recule depuis plusieurs années, le recours aux importations devrait continuer de se renforcer pour répondre aux besoins du marché.
En Afrique du Sud, la récolte de blé devrait s’établir à 1,81 million de tonnes en 2026/2027, selon les dernières projections du Comité d’estimation des récoltes (CEC), publiées le mardi 29 septembre dans le cadre de sa deuxième estimation des cultures d’hiver. Si cette prévision se confirme, elle représenterait une baisse de 5,2 % par rapport à la campagne précédente, au cours de laquelle la production avait atteint environ 1,91 million de tonnes.
Cette évolution marquerait surtout une cinquième année consécutive de baisse de la production sud-africaine depuis le pic de 2,28 millions de tonnes enregistré en 2021. La contraction de la production s’inscrit dans un contexte de recul des superficies consacrées au blé, sur fond de conditions économiques moins favorables pour les producteurs.
Pour expliquer cette dynamique baissière, les autorités mettent en avant la hausse des coûts de production et la volatilité des marchés mondiaux, qui réduisent l’attractivité économique des cultures d’hiver. S’exprimant sur le sujet en avril dernier, le ministre de l’Agriculture, John Steenhuisen, indiquait notamment que les engrais et le diesel, qui représentent respectivement près de 50 % et 18 % des coûts de production du blé, avaient vu leurs prix augmenter sous l’effet des perturbations des chaînes d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.
Le recul des superficies confirme cette tendance. D’après le CEC, les agriculteurs ont consacré environ 479 500 hectares au blé en 2026, contre 517 300 hectares un an plus tôt, soit une baisse d’environ 7 %. Il s’agit également du niveau le plus faible depuis 2015, année où 482 150 hectares avaient été consacrés à cette culture.
Une dépendance aux marchés extérieurs appelée à se renforcer
Dans ce contexte, le recours aux importations devrait continuer de progresser au cours de la campagne de commercialisation 2026/2027, afin de compenser le déficit de production locale. D’après la FAO, la consommation de blé en Afrique du Sud s’est établie en moyenne à 3,6 millions de tonnes par an entre 2022 et 2024, soit un niveau largement supérieur à la production nationale attendue cette année.
Dans une analyse publiée le 29 septembre, Wandile Sihlobo, économiste en chef de l’Agricultural Business Chamber of South Africa (Agbiz), estime ainsi que les importations sud-africaines de blé pourraient atteindre environ 2 millions de tonnes en 2026/2027, contre 1,8 million de tonnes lors de la campagne précédente, soit une hausse d’environ 11 %.
Cette dépendance accrue aux importations intervient alors que la reprise des tensions en mer Noire entretient une pression haussière sur les cours mondiaux. L’indice du blé du Conseil international des céréales (IGC) a progressé de 6 % en un mois en septembre, sous l’effet des perturbations des flux maritimes dans cette région. Si ces perturbations venaient à se prolonger, la concurrence entre importateurs pour les cargaisons disponibles en provenance d’origines alternatives pourrait maintenir les prix sous pression, alors même que l’Afrique du Sud devra accroître ses achats extérieurs pour compenser le recul de sa production.
Selon les données compilées sur la plateforme Trade Map, l’Afrique du Sud a importé au total 2,3 millions de tonnes de blé en 2025, pour une valeur de 583 millions de dollars. Environ 20 % de ces volumes, soit 486 000 tonnes, provenaient de Russie et de Roumanie, les deux pays de la région de la mer Noire figurant parmi les fournisseurs de blé de la nation arc-en-ciel cette année-là.






























