Au Botswana, la ruée vers le cuivre s’accélère avec la transition énergétique

Producteur mondial phare de diamants, lesquels constituent aussi ses principaux produits d’exportation, le Botswana mène depuis quelques mois une transition. Entre les difficultés sur le marché diamantifère et les enjeux liés à la transition énergétique, le pays mise sur son potentiel en cuivre.

Dans une note publiée le mercredi 25 février, Botswana Diamonds, junior minière cotée à la Bourse de Londres, a annoncé le changement de sa dénomination sociale pour devenir Botswana Minerals Plc.

Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise, historiquement spécialisée dans le diamant, qui entend désormais élargir son portefeuille à d’autres substances minérales, en particulier le cuivre, un métal stratégique suscitant un intérêt croissant au Botswana dans le contexte de la transition énergétique.

L’an dernier, la société avait ainsi annoncé l’obtention d’un portefeuille de 11 permis d’exploration portant sur le cuivre, mais aussi sur d’autres minéraux stratégiques comme le cobalt et le nickel. Cette progression s’est appuyée sur des avancées notables réalisées dans le cadre d’un programme de prospection fondé sur l’intelligence artificielle (IA), alors que le marché mondial du diamant évoluait dans un contexte défavorable.

Le projet de rebranding deviendra effectif en Bourse à compter du vendredi 27 février. Pour la société, cette décision s’explique notamment par le fait qu’elle détient désormais des « terrains cuprifères à fort potentiel », dans un contexte de « solides perspectives à long terme, liées au rôle crucial du cuivre dans l’électrification et la transition énergétique mondiale ». Elle rejoint ainsi d’autres acteurs positionnés sur ce segment, à l’image du britannique Aterian et de l’australien Cobre déjà engagés dans plusieurs projets de cuivre au Botswana.

L’annonce de Botswana Diamonds ne s’est toutefois pas accompagnée d’une feuille de route détaillant ses prochains investissements dans le métal rouge. Sa démarche illustre néanmoins, à l’échelle du Botswana, un intérêt croissant pour le potentiel cuprifère du pays, dans un contexte où la diversification minière s’impose comme une priorité stratégique face aux pressions économiques liées aux difficultés sur le marché des diamants. Ces pierres précieuses représentent en effet près de 80 % des exportations et environ un quart du PIB national, selon les données officielles.

Pour Botswana Diamonds comme pour les autres acteurs déjà positionnés sur le cuivre botswanais, plusieurs étapes restent toutefois à franchir entre les premiers succès d’exploration et le développement effectif de nouveaux gisements. À ce stade, la production cuprifère du Botswana repose essentiellement sur les mines Motheo (opérée par Sandfire Resources) et Khoemacau (détenue par MMG Limited).

 

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