Kenya Pipeline Company réussit son ouverture de capital en monnaie locale

La plus grande introduction en Bourse jamais réalisée en Afrique de l’Est en monnaie locale devient un test majeur pour la stratégie de privatisation au Kenya et pour la solidité de son marché financier.

L’introduction en Bourse de la société publique des pipelines, Kenya Pipeline Company (KPC) a été sursouscrite, portée par une demande élevée des investisseurs institutionnels, selon le conseiller principal de l’opération, relayé par Reuters, le mercredi 25 février. Cette dynamique contredit les critiques apparues durant la période de souscription, qui évoquaient une faible mobilisation des investisseurs.

L’État kényan a en effet proposé 65 % du capital de l’entreprise afin de lever 825 millions de dollars. Cette opération constitue la plus importante IPO jamais réalisée en Afrique de l’Est en monnaie locale. La souscription s’est déroulée du 19 janvier au 24 février, à un prix fixé à 0,07 $ par action. Les résultats définitifs doivent être publiés le 4 mars, avant l’admission du titre à la cote de la Bourse de Nairobi.

Le conseiller principal basé à Nairobi a indiqué que la sursouscription provenait exclusivement des investisseurs institutionnels, sans en préciser le niveau ni l’identité. Il a toutefois confirmé une participation notable des investisseurs particuliers. Ces déclarations visent à répondre aux inquiétudes suscitées par l’extension de la période de vente, par les valorisations prudentes retenues par certaines banques et par les articles de presse faisant état d’une apathie du marché.

La structure de l’offre traduit une volonté politique de répartir le capital entre plusieurs catégories d’acteurs. 15 % des actions sont réservés aux sociétés de commercialisation pétrolière et 5 % aux employés. Le solde est réparti équitablement entre investisseurs particuliers locaux, investisseurs institutionnels locaux, investisseurs régionaux d’Afrique de l’Est et investisseurs étrangers. L’État conservera 35 % du capital et percevra l’intégralité des fonds levés.

Une opération au cœur de la stratégie économique du Kenya

Cette IPO s’inscrit dans la stratégie de désengagement partiel des entreprises publiques menée par le président William Ruto, après la réduction de la participation de l’État dans Safaricom. Il faut relever que le gouvernement cherche à mobiliser des ressources internes pour financer les infrastructures, soutenir la création de fonds souverains et réduire la dépendance du pays à l’endettement extérieur.

L’opération dépasse en monnaie locale celle de Safaricom en 2008, qui avait levé un peu plus de 388 millions de dollars. Elle reflète l’élargissement progressif de la base d’investisseurs et la maturation du marché financier kényan.

La dimension régionale renforce la portée stratégique de l’opération. Le gouvernement ougandais a annoncé avoir acquis 20,15 % du capital de la KPC via l’IPO. Cette décision est justifiée par la dépendance de l’Ouganda au réseau kényan, qui assure plus de 95 % de ses importations mensuelles de produits pétroliers.

La prédominance des investisseurs institutionnels soulève toutefois un enjeu de liquidité future du titre, ces acteurs conservant généralement leurs participations sur le long terme. La performance du titre après sa cotation servira d’indicateur sur la capacité du marché boursier kényan à absorber de grandes opérations.

 

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